| 19 diciembre, 2009 |
| [ecf-messager] COMMUNIQUÉ DE L'AMP |
| Posteado por Blog amp a sábado, diciembre 19, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
COMMUNIQUÉ DE L’AMP L’Association mondiale de psychanalyse a la joie d’annoncer la nomination, au titre d’Analyste de l’Ecole, de Patricia Bosquin-Caroz de Bruxelles, membre de l’Ecole de la Cause freudienne (ECF), par le cartel A9 de la Commission de la passe de l’ECF. Nous adressons nos félicitations à la nouvelle A.E que nous entendrons avec intérêt en avril 2010, lors du Congrès de l’AMP à Paris. Eric Laurent Lilia Mahjoub Président de l’AMP Secrétaire de la passe à l’AMP |
| FW: [nel-debates] Conversación con G. Belaga y M. Veras |
| Posteado por A.A.delaR. a sábado, diciembre 19, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() Conversación en la NEL-Lima con Guillermo Belaga (EOL) y Marcelo Veras (EBP) El viernes 11 pasado, la NEL-Lima celebró el cierre de sus actividades del año 2009 con una conversación sobre "El trabajo del psicoanalista en instituciones de salud mental" en la que participaron Guillermo Belaga (EOL), Marcelo Veras (EBP) y Alfonso Gushiken (NEL). Es decir, fue un cierre con broche de oro, en el que se dio cita la AMP-América en persona. Fue una feliz contingencia. Guillermo Belaga y Marcelo Veras habían llegado a Lima invitados a participar, en calidad de ponentes, en el Seminario Internacional "Igualdad y no discriminación. Hacia la construcción de una sociedad más inclusiva", organizado por la Defensoría del Pueblo, el Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo (PNUD) y el Colegio Médico del Perú (CMP), con motivo de celebrarse el 61° Aniversario de la Declaración Universal de los Derechos Humanos. El evento se realizó los días jueves 10 y viernes 11 e incluyó conferencias magistrales y 3 mesas de trabajo simultáneas sobre Discriminación, Educación Inclusiva y Salud Mental. En él participaron, además de nuestros colegas, el Relator Especial de Naciones Unidas sobre el Derecho a la Educación, el ex Coordinador de la Unidad Antidiscriminación de la Oficina del Alto Comisionado de Naciones Unidas para los Derechos Humanos, entre otras personalidades nacionales e internacionales. Participaron más de 1000 asistentes, entre jueces, fiscales, defensores, educadores, médicos, psiquiatras, psicólogos, y funcionarios de Estado y fue transmitido, en simultáneo, a diferentes ciudades del interior del país. Durante la conversación, ya en la NEL-Lima, nuestros colegas retomaron lo que fue su tema de trabajo en el Seminario Internacional. Alfonso Gushiken contextualizó el evento en lo que viene siendo un trabajo consistente, de más de cinco años con la Defensoría del Pueblo, que se inició con una investigación sobre la situación de los derechos de las personas internadas en los establecimientos de salud mental, en 2004 y 2008, y que ahora apunta a promover la reforma de los servicios de salud mental. Marcelo Veras expuso sobre su experiencia como director de un hospital psiquiátrico, sobre las invenciones que introdujo en la organización del servicio, en la atención de los pacientes y en el trabajo con la comunidad bajo la premisa de que "no se puede tratar la pérdida de realidad con menos realidad", y sobre los efectos que ellas produjeron. Guillermo Belaga habló de su experiencia como Jefe del Servicio de Salud Mental de un hospital general, en el que frente al mal-vivir y la segregación que la técnica produce, inventaron el servicio de urgencia subjetiva y los dispositivos para el alojamiento de la psicosis. Las intervenciones de ambos colegas marcaron la diferencia respecto a otras dentro del Seminario Internacional, que mientras unos hablaban de imposibilidades, otros de intenciones, ellos dieron cuenta de una experiencia orientada por el psicoanálisis de orientación lacaniana, de sus efectos y de su eficacia. *** http://www.eset.com/ |
| 18 diciembre, 2009 |
| EOL - POSTAL |
| Posteado por Camila Candioti a viernes, diciembre 18, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
Lacaniana Nº 9 Revista de la Escuela de la Orientación Lacaniana(2009) ![]() |
| Slavoj Zizek - A Revolution ne s'autorise que d'elle même |
| Posteado por A.A.delaR. a viernes, diciembre 18, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
from lacan dot com Slavoj Zizek A revolution ne s'autorise que d'elle même Today, the meaning of "liberalism" moves between two opposed poles: economic liberalism (free market individualism, opposition to strong state regulation, etc.) and political libertarian liberalism (accent on equality, social solidarity, permissiveness, etc.) – in the US, Republicans are more liberal in the first sense and Democrats in the second sense. The point is, of course, that, while one cannot decide through closer analysis which is the "true" liberalism, one also cannot resolve the deadlock by way of trying to propose a kind of "higher" dialectical synthesis, or by way of "avoiding the confusion" through on a clear distinction between the two senses of the term: the tension between the two meanings is inherent to the very content that "liberalism" endeavors to designate, it is constitutive of this notion, so this ambiguity, far from signaling the limitation of our knowledge, signals the innermost "truth" of the notion of liberalism. Multiculturalism, the Reality of an Illusion According to Jean-Claude Milner, a unified Europe can only constitute itself on the condition of the progressive erasure of all divisive historical traditions and legitimizations: consequently, the unified Europe is based on the erasure of history, of historical memory. Recent phenomena like holocaust revisionism, the moral equation of all victims of the WWII (Germans suffered under the Allied bombardments no less than Russians and Englishmen; the fate of the Nazi collaborators liquidated by the Russians after the war is comparable to the victims of the Nazi genocide, etc.), are the logical outcome of this tendency: all specified limits are potentially erased on behalf of abstract suffering and victimization. And – this is what Milner is aiming at all along – this Europe, in its very advocacy of the unlimited openness and multicultural tolerance, again needs the figure of the "Jew" as a structural obstacle to this drive to unlimited unification. |
| 17 diciembre, 2009 |
| [laliste] Le feuilleton n°6 |
| Posteado por Blog amp a jueves, diciembre 17, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() n° 6 Un style sans pareil Philippe Aurat – Nonette
Francis est accueilli au foyer pour adultes du centre de Nonette depuis la création de cette structure en 1988. N’ayant pas l’usage de la parole, il a développé tout un panel de signes avec pas mal d’ingéniosité, utilisant sa voix, percutant son corps avec ses membres, pour se faire entendre. Il sait être vif, rapide dans ses mouvements. Il donne l’impression d’être isolé, assis dans son coin, refermé sur lui-même, mais il n’en est rien. Au contraire, il est très sensible à ce qui se passe autour de lui, à l’ambiance sonore et aux personnes qui sont présentes. Pour en rendre compte, il suffit par exemple de l’entendre répondre aux cris d’un de ses camarades. Il amène tout de suite sa contribution sonore en répondant de ses propres vocalises à l’appel de la voix de l’autre. Lors changement d’équipe, à 14 heures, il se trouve souvent présent autour ou dans le bureau des éducateurs, s’étant levé promptement pour venir à l’endroit précis où s’effectue ce changement. Pour un sujet que l’on pourrait croire perdu dans son monde intérieur, il est au contraire toujours à l’écoute et très sensible à ces moments de passage et de transition entre les personnes qui l’accompagnent. Aussi bien vient-il toujours à côté de la table autour de laquelle l’équipe éducative se retrouve régulièrement pour organiser le travail. Son intérêt pour qui est et sera présent à ses côtés ne faiblit pas. Envisager le changement est pour lui quelque chose de très particulier. Il nous l’a montré antérieurement de façon radicale. S’est en effet posée la question, il y a quelques années, de savoir s’il avait bien sa place dans cet établissement au regard des symptômes qu’il présentait et qui ne correspondaient pas à l’image que l’on pouvait se faire d’un sujet psychotique. On le voyait plutôt atteint d’une sorte d’arriération mentale ou de profonde débilité et donc orientable vers un autre type de structure d’accueil. Sa réaction d’alors fut la crise d’épilepsie. Chaque fois qu’il a été question de le placer ailleurs, Francis s’est manifesté de cette manière, nous montrant là son extrême sensibilité aux paroles le concernant directement et la radicalité d’une réponse symptomatique mettant tout de suite en jeu la vie même du sujet. Une traduction de son refus dans le réel de son corps. Une position subjective affirmée à mort, sans le recours au symbolique. Lorsqu’en septembre 2006 le centre de Nonette a déménagé, l’inquiétude de ses parents à l’approche de ce changement était bien perceptible quant aux éventuelles réactions de leur fils en de telles circonstances. Or, il n’en a rien été. Foin de l’épilepsie, mais une rapidité d’adaptation étonnante, affectée très souvent d’un sourire satisfait, se déplaçant avec une aisance remarquable dans ces nouveaux locaux, ce nouvel espace de vie qu’on lui offrait maintenant, me surprenant, ainsi que toute l’équipe, par la facilité avec laquelle il avait investi les lieux. Un sujet qui fait donc bien la différence entre changer d’institution et changer de lieu dans la même institution avec la même équipe éducative. À cette occasion exceptionnelle, ce sujet nous a indiqué son désir de poursuivre à Nonette et il continue chaque jour de nous le rappeler discrètement avec son style sans pareil. > pour se désinscrire de la liste, envoyer un message sans objet à [ laliste-unsubscribe@ri3.be ] > pour s’inscrire, adresser un message vierge et sans objet depuis sa boite à [ laliste-subscribe@ri3.be ]
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| [laliste] Le feuilleton n°5 |
| Posteado por Blog amp a jueves, diciembre 17, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() n° 5 Urgence de la poésie I- Urgence de l’agir Philippe Lacadée – La Demi-lune
Je propose de situer en trois temps l’urgence du vivant dans son rapport à la langue : urgence de l’agir I, le geste de rupture II, urgence du verbe III. « Moi pressé de trouver le lieu et la formule », écrivait Arthur Rimbaud à la fin de sa poésie Vagabonds1. Lui, qui écrivait les dissertations qu’on lui demandait de faire à l’école en deux langues, une langue vivante, le français, qui occidentalisait sa « vraie vie », et une langue morte, le latin, aurait bien su nous dire de ne pas oublier l’étymologie d’urgence. Urgens, de Urgere, pousser, presser, dit bien ce qui de la volonté obscure de jouissance est en jeu dans le réel, quand justement elle ne trouve pas à s’arrimer à la pulsion et son objet séparable. Le petit tour du circuit de la pulsion, autour d’un objet de l’Autre, mais séparé de l’Autre, n’est pas l’errance pressante de certains de nos adolescents psychotiques qui ne s’arriment à rien. Ils sont là sans s’articuler au domicile fixe de la langue, passant à l’état de SAF, « sans Autre fixe », sauf celui de la jouissance qui, au lieu de lui faire logis, n’a de cesse de le poursuivre du dehors. De ne pas s’articuler à cette langue, de ne pas user de la première figure de rhétorique, apparue chez le petit-fils de Freud, porte ouverte de la langue de l’Autre, selon la paire ordonnée du Fort/Da, accompagnée d’un sacrifice automutilatoire incarné non pas dans sa chair mais dans un objet, la bobine, c’est eux-mêmes comme bobines désarrimées qui courent, errent dans la langue. D’être ainsi hors-discours, ils brisent les vitres qui ne leur offrent aucun cadre sur lequel prendre appui pour se voir ailleurs, au dehors, libre de l’Autre qui ne cesse de leur refléter leur être insupportable. Le mur de la langue trop mutilante, qui ne s’ouvre pas pour eux sur le manque-à-être, les pousse à trouer nos murs, quand ceux-ci viennent à donner trop de corps à l’en-trop de jouissance dans laquelle ils se sont emmurés. Le poète, lui, se dit être « pressé de trouver le lieu et la formule ». Pour cela, il prend appui sur le cadre d’une fenêtre, qu’il n’hésite pas à nommer « distraction vaguement hygiénique ». Mais, de cette fenêtre, il trouve le lieu d’une formule possible, celle de se séparer d’une part de lui-même. De cette part prise dans le désir de l’Autre, que ce soit le désir de sa mère ou celui du « satanique docteur » qui veut s’occuper de lui, en effet, il se sépare, en prenant appui sur le cadre de la fenêtre, point d’où, fiction nécessaire et fixion réelle, il se voit errant sur les chemins de campagne qui ne le mènent pas à la Rome du désir mais à l’arôme de la nature où il se sent, au nom de sensations immédiates, « heureux comme avec une femme »2. Ainsi, cette « liberté libre », qu’il dit avoir trouvée, structure la pantomime de cette jouissance errante, toujours Autre, indicible, de refuser à nouer son vivant à la langue articulée à l’Autre et qui lui ouvre la porte d’« Une Saison en enfer ». Sans le secours du discours établi, il se met en état d’urgence, comme trafiquant d’armes, et non plus de son âme de poète, toujours en recherche de « trouver une langue » pour abriter ce à quoi il tenait plus que tout : « un dérèglement de tous les sens ». Il trouva alors la formule, en se soutenant de cette fiction : « être le fils qui manque au soleil », soit « le nègre blanc ». Sa quête trouva ainsi son lieu de jouissance en son corps même, errant sous le soleil africain, jusqu’à y perdre, non sa bobine, mais un morceau de son corps si utile à la marche.
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| [SLP-Corriere] NOTIZIARIO DELLA BIBLIOTECA DEL CAMPO FREUDIANO DI MILANO |
| Posteado por Blog amp a jueves, diciembre 17, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
COMUNICATO DELLA BIBLIOTECA DEL CAMPO FREUDIANO DI MILANO |
| [nel-debates] NEL-Medellín | |||||||||||||||||||||||||||
| Posteado por Blog amp a jueves, diciembre 17, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
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| 16 diciembre, 2009 |
| Centro Descartes - Curso de Verano |
| Posteado por Camila Candioti a miércoles, diciembre 16, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
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| Tercera sesión_SOL II Bogotá |
| Posteado por A.A.delaR. a miércoles, diciembre 16, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
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| El Congreso AMP 2010 BLOG |
| Posteado por MG a miércoles, diciembre 16, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() L’Office du Tourisme de Paris 15 décembre 2009 in l’Office du Tourisme de Paris nous recommande son site A la rubrique « Hébergement », en cliquant sur « Réservez en ligne » on trouve des offres de réduction allant de 20 à 60% dans les hôtels 2, 3 et 4 étoiles, dans tous les quartiers de Paris. La réservation se fait en donnant son numéro de carte banquaire. Trois Etap Hotel (entre 45 et 60 euros) sont facilement accessibles en métro : Consigne pour les textes Les textes pour le Blog El Congreso AMP 2010 sont à adresser à Luis Solano et Anne-Charlotte Gauthier à l'adresse suivante :amp2010paris@gmail.comLes textes ne doivent pas dépasser 4500 signes. |
| [AMP-UQBAR] La Cause freudienne 73 va paraître |
| Posteado por Blog amp a miércoles, diciembre 16, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
Voici le n° 73 de la Revue Cause freudienne qui va paraître prochainement.
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| 15 diciembre, 2009 |
| [EOL-POSTAL] Boletin AMP 2010 |
| Posteado por Camila Candioti a martes, diciembre 15, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
| Boletín AMP 2010 / Número 1 Comité de Acción de la Escuela Una / EOL ¡Largamos! Y bien, aunque resulte difícil de creer, cuando termina el año comienzan los Boletines hacia el Congreso 2010. Todo termina y nosotros recién comenzamos. Pero como en los laberintos de los tiempos circulares, ¿qué es el tiempo? Es el instante en donde comienza el deseo. Silvia Elena Tendlarz Incluye / El pase-deseo de Éric Laurent / Resonancias de Adriana Testa y Manuel Zlotnik El Pase-Deseo / Éric Laurent El acontecimiento de Paris, hace apenas un mes, cambió las relaciones entre las Escuelas y el conjunto del movimiento de los analizantes. Llamo aquí movimiento de los analizantes a las modalidades de transferencia que mantienen con el psicoanálisis, simultáneamente y más allá de la transferencia con su psicoanalista. Durante los últimos tiempos las Escuelas se han desarrollado en su conjunto fuera del alcance del movimiento analizante consolidando sus fronteras. Las Jornadas de la ECF modificaron esta topología. En el interior mismo de la Escuela, y eso se transmitió durante el ENAPOL, del otro lado del Atlántico el movimiento analizante se manifestó de una manera nueva a partir del acento puesto sobre la enunciación “en primera persona”. Este movimiento arrastró a las propias Escuelas a un dinamismo renovado. Este movimiento analizante no está solamente definido por la categoría negativa de no-miembros o a partir del querer ser miembro de la Escuela. Se trata, más allá de un deseo de escuchar hablar al Inconsciente como tal, de dirigirse a la Escuela como una caja de resonancia del país del Inconsciente. Jacques-Alain Miller propone llamar a aquellos que nos arrastran en su interés manifiesto y para quienes se abren las puertas del Congreso de la AMP: los recién llegados. Su deseo, manifiesto en estas Jornadas, ha renovado el deseo de pase en el interior de la Escuela. Las recientes nominaciones de AE en las Escuelas Americanas testimonian ya de que para una generación que ha llegado a cargos de responsabilidades en las Escuelas, para ellos no se trata de no presentarse al pase. Los Carteles del pase de las diferentes Escuelas tomaron nota de ello al escuchar los testimonios siempre singulares. La renovación del deseo de pase, tal como se escuchó, se traducirá sin duda en un aumento del número de demandas dirigidas al dispositivo. De ahora en adelante ha cambiado un modo de dirección. Se escuchó tanto a aquellos que terminaron sus análisis hace mucho tiempo, como a quienes se analizan actualmente, descifrar de manera inédita “Semblantes y Sinthome”. Leen juntos cuántos síntomas y fantasmas se apoderan de los semblantes más inesperados. El concierto de sus voces permite reducir la distancia que se había abierto entre las generaciones analíticas en las que pocos candidatos se habían presentado, y en que los carteles se habían mostrado poco generosos. Seamos cartesianos en ese punto, de manera decidida, y elijamos una ética de la generosidad. Del testimonio analizante a la demostración del pase, sin duda hay un paso lógico que debe franquearse. El pase es un resultado lógico cuya demostración se sostiene en un momento particular. Se trata de mantener a la vez la distancia entre los diferentes modos de testimonio de la relación de cada uno con su inconsciente, su hystoria, y de ayudarlo a franquearlo. La desmasificación de la enunciación que está en marcha entre nosotros, según la expresión de Jacques-Alain Miller, ayudará al conjunto de los analizantes a tomar la decisión. Los prisioneros de la identidad de la Escuela (JJ nº 69) podrán salir de sus antiguos semblantes, uno por uno, para poder inventar mejor otros nuevos. Traducción: Silvia Elena Tendlarz Trabajo publicado en Journal des Journées Nº 70 (2009). Resonancias El Estilo-Pase / Adriana Testa La Escuela de Lacan en su concepto mismo propone (en el indicativo de un presente histórico) un dispositivo que da lugar a una experiencia inédita: hacer pasar la prueba de una demostración que arroje una verdad sobre el deseo del analista, a condición de nombrar o simplemente señalar una hiancia infranqueable. El deseo de pase se renueva en un contexto que gira sobre sus propios principios hacia la apertura de una nueva experiencia: el momento de concluir (aunque no sea una salida) libra siempre una méprise del sujeto, sobre la que alguien puede testimoniar de modos muy diferentes. Para hacer posible esa experiencia nueva, la virtud del don debe marcar nuestro tiempo: no se trata sólo del amor, sino también de la nobleza de una voluntad que quiere lo que quiere. Éric Laurent dió su nombre cartesiano: la ética de la generosidad. Resonancias de “El pase–deseo” / Manuel Zlotnik Éric Laurent nos presenta un nuevo horizonte para las escuelas. La Escuela como “caja de resonancia” del inconciente de cada uno, como lugar en el que cada quien puede presentar un ensayo de formalización del propio análisis. Desde esa perspectiva esos intentos podrían ser etapas previas en el avance del analizante hacia el pase, y por lo tanto esas etapas volverían al pase algo no tan difícil de enfrentar. Equipo de redacción: Silvia Elena Tendlarz (Responsable) /Susana Amado / Carlos Dante García / Angélica Marchesini / Carlos Rossi / Adriana Testa |
| COMMUNIQUÉ DE L'AMP-Nouvelle nomination // COMUNICADO DA AMP - Nova nomeação |
| Posteado por Camila Candioti a martes, diciembre 15, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() COMMUNIQUÉ DE L’AMP L’Association mondiale de psychanalyse a le plaisir d’annoncer la nomination, au titre d’Analyste de l’Ecole, d’Angelina Harari de Sao Paulo, membre de la Escola Brasileira de Psicanalise (EBP), par le cartel B9 de la Commission de la passe de l’Ecole de la Cause freudienne (ECF). Nous adressons toutes nos félicitations à notre collègue que nous pourrons aussi entendre, avec les quatre autres A.E. récemment nommés, lors du Congrès de l’AMP à Paris, en avril 2010. Eric Laurent Lilia Mahjoub Président de l’AMP Secrétaire de la passe à l’AMP COMUNICADO DA AMP A Associação Mundial de Psicanálise tem o prazer de anunciar a nomeação, a título de Analista da Escola, de Angelina Harari de São Paulo, membro da Escola Brasileira de Psicanálise (EBP), pelo cartel B9 da Comissão do passe da Ecole de la Cause freudienne (ECF). Enviamos nossas felicitações à nossa colega, que poderemos também escutar, com os outros quatro AE recém nomeados, durante o Congresso da AMP, em Paris, em abril de 2010. Eric Laurent Lilia Mahjoub Presidente da AMP Secretária do passe na AMP |
| 14 diciembre, 2009 |
| Luis Felipe Noé en la Bienal de Venecia 2009, Museo Nacional de Bellas Artes, Av. Libertador 1473, Jueves 17/12 a las 19 hs |
| Posteado por Blog amp a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
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| [EBP-Veredas] Comunicado da Diretoria |
| Posteado por Camila Candioti a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() Comunicado da Diretoria Caros colegas, A Diretoria Executiva da EBP vem trabalhando no intuito de dar continuidade aos projetos em marcha desde as diretorias anteriores, assim como na execução de alguns novos projetos. Algumas reuniões já aconteceram e resumimos aqui nossas diretrizes e realizações, até este momento: 1 – O XVIII Encontro Brasileiro do Campo Freudiano “O Sintoma na Clínica do Delírio Generalizado” será em São Paulo, nos dias 19, 20 e 21 de novembro de 2010, no Hotel Macksoud Plaza. As comissões estão sendo montadas a partir das coordenações já designadas e em breve divulgaremos o andamento dos trabalhos. A imagem, cedida pela artista plástica Regina Silveira para compor nosso cartaz, que será divulgado nos próximos dias, inspira ao trabalho. 2 – O Congresso dos membros da EBP ocorrerá em São Paulo, em 27 de março de 2010 e terá uma novidade: parte dele será aberto aos não membros, seguindo a orientação da Associação Mundial de Psicanálise sobre a abertura do Congresso de membros da AMP que ocorrerá em abril de 2010, em Paris. 3 – Foram estabelecidos acordos de permutação de publicação entre as bibliotecas da EOL e ECF. Outras permutações estão sendo propostas. Os responsáveis pelas bibliotecas das Seções estão acompanhando e participando ativamente desse processo. 4 – Os Cartéis estão funcionando a partir do site da EBP e as diretrizes para seu funcionamento foram enviadas e discutidas com os diretores e coordenadores de cartéis das Seções e Delegações da EBP. 5 – Ampliamos a publicação de nossa revista Correio. Serão três números por ano. Já saiu o número 63 e o número 64 deve ser enviado antes das férias. O número 65, comemorativo dos 15 anos de fundação da EBP, terá uma edição especial. Aguardem! 6 – Outras publicações estão em andamento. ‘Scilicet’ e a ‘A Psicose Ordinária’ serão lançados em breve. 7 – O site da EBP será reformulado para tornar-se mais ágil sem que haja uma mudança estrutural, o que acarretaria um gasto excessivo. 8 – O Projeto Memória caminha no sentido de recuperar as origens e a história da EBP. Trata-se de um trabalho árduo que estará sempre em marcha. 9 – As finanças estão sob controle apesar dos consideráveis gastos com as publicações e com a preparação do recente Seminário realizado em Buenos Aires, assim como do Congresso e do Encontro da EBP. 10 – A Diretoria Executiva desenvolverá um trabalho junto às Delegações no intuito de que cada uma delas tenha uma Associação com CNPJ e estatuto próprio, a fim de responder às novas exigências do Novo Código Civil Brasileiro, além de poderem acolher aqueles que trabalham em prol da psicanálise no âmbito local. 11 – A Diretoria Geral da EBP orienta a todas as Seções e Delegações que organizem suas atividades visando os próximos eventos da AMP (Congresso da EBP, Congresso da AMP e Encontro Brasileiro do Campo Freudiano). 12 - As ressonâncias das Jornadas de Outono da ECF, animadas por Jacques-Alain Miller, e dos últimos acontecimentos da Buenos Aires Lacaniana – BAL, com seus vários eventos: Jornadas do CIEN, CEREDA, T y A, Reunião dos Institutos do Brasil, IOM, ENAPaOL, Jornada da EOL e Seminário Internacional da EBP, com a presença de Éric Laurent, Judith Miller e Leonardo Gorostiza - orientam a Diretoria da EBP na condução dos trabalhos que estão sob sua responsabilidade. Até as festas de fim de ano, enviaremos outras mensagens para que as férias de todos sejam bem inspiradas. Cordialmente, Rômulo Ferreira da Silva – Diretor Geral Simone Souto – Diretora Secretária Luiz Fernando Carrijo da Cunha – Diretor Tesoureiro |
| [EBP-Veredas] Lançamento Falasser nº4 - Revista da Delegação Paraíba SUGESTÃO |
| Posteado por Camila Candioti a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() Lançamento Falasser nº 4 Revista da Delegação Paraíba da EBP 12 de dezembro de 2009 |
| [EBP-Veredas] Felicitações |
| Posteado por Camila Candioti a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
| A Delegação Paraíba felicita os colegas Sergio de Campos pela nomeação como A.E, desejando-lhe sucesso na realização de seu testemunho, o qual aguardamos com entusiasmo e, a Rômulo Ferreira e Ram Mandil pelas nomeações como AMEs, tão bem vindas ao trabalho que ambos desenvolvem no Campo Freudiano. Sandra Conrado Pela DPB |
| Posteado por Camila Candioti a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() A Diretoria e o Conselho da Seção Santa Catarina (e.f.) da EBP cumprimentam Sérgio Passos Ribeiro de Campos pela sua nomeação como Analista da Escola e aguardam com expectativa o início de sua função e de sua transmissão. Iordan GurgelPresidente do Conselho da EBP-SC (ef) Vanessa NahasDiretora Geral da EBP-SC (ef) |
| [EOL-POSTAL] Enapaol y Jornadas |
| Posteado por Camila Candioti a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
| Queridos Colegas: Entre preparativos y despedidas, durante más de 10 días Buenos Aires fue más "lacaniana" que nunca. Hemos sido anfitriones de colegas, de toda América y de todo nuestro país, miembros y no miembros de las Escuelas. Cada quien sacará sus propias conclusiones y consecuencias por haber participado de este acontecimiento. El Consejo de la EOL quiere hacer un reconocimiento a los responsables del ENaPAOL y de la Jornada de la EOL y a todos sus colaboradores, que aseguraron el marco necesario en sus menores detalles, mientras al mismo tiempo hacían su aporte epistémico o clínico en las múltiples mesas del Encuentro o la/s Jornada/s . Asimismo hacemos llegar el agradecimiento a los colegas de la NEL y de la EBP que nos han acompañado en la responsabiilidad y que han participado activamente de esta larga semana internacional en Buenos Aires. Consejo Estatutario de la EOL |
| EOL POSTAL - PRENSA FLASH |
| Posteado por Camila Candioti a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
![]() Con gran alegría queremos hacerles llegar nuestras felicitaciones a los colegas de la EOL: María Isabel Chamizo Gabriela Dargenton Florencia Dassen Fernando Vitale Sus nombres fueron propuestos por la Comisión de Garantia de la EOL a la Comisión de Garantia AMP America, quienes en trabajo con el Presidente de la AMP, Eric Laurent, fueron ratificados y homologados. Dudy Bleger, Presidente Oscar Zack, Director |
| [EOL-POSTAL] XXIII COLOQUI DESCARTES |
| Posteado por Camila Candioti a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
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| JAM__[laliste] Le feuilleton n°4 |
| Posteado por A.A.delaR. a lunes, diciembre 14, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
n° 4 La crise financière Jacques-Alain Miller Le 11 octobre 2008, l'hebdomadaire Marianne publiait une interview de Jacques-Alain Miller sur la crise financière. Il nous a aimablement autorisé à la publier dans notre « feuilleton » et nous l'en remercions. Nous y trouvons des indications précieuses sur ce qu'est une « crise » et cela nous intéresse. J'en relèverai une : la sortie de la crise nécessite une reconstitution du sujet-supposé-savoir. Nous pouvons nous demander quelles formes cette reconstitution peut prendre dans nos institutions auprès de sujets psychotiques. Pour ma part, je mettrai cette recommandation en lien avec celle de Lacan dans son « Allocution sur les psychoses de l'enfant » (Autres écrits, p. 362) : « Que si enfin la question se pose d'une institution qui soit proprement en rapport avec ce champ de la psychose, il s'avère que toujours en quelque point à situation variable y prévale un rapport fondé à la liberté ». (D. Roy) 1/ Comme le rappelle l'étymologie, il existe des affinités entre le mot crise et le mot critique. La crise fait appel au jugement, mais c'est surtout un point de bascule, un peu comme la maladie qui peut conduire à la mort ou à la guérison. Pour le psychanalyste, que signifie avant tout ce mot de crise ? Le psychanalyste est ami de la crise. Entrer en analyse constitue toujours pour le sujet un moment critique, qui répond à une crise, ou en révèle une. Seulement, une fois commencée, l'analyse est un travail : foin des crises ! Les crises de larmes ? on attend que ça passe. Les crises d'angoisse, voire de panique ? on les désamorce. Les crises de folie ? on évite de les déclencher… En un autre sens, chaque séance est comme une petite crise, qui connaît paroxysme et résolution. Bref, il y a crise, au sens psychanalytique, quand le discours, les mots, les chiffres, les rites, la routine, tout l'appareil symbolique, s'avèrent soudain impuissants à tempérer un réel qui n'en fait qu'à sa tête. Une crise, c'est le réel déchaîné, impossible à maîtriser. L'équivalent, dans la civilisation, de ces ouragans par lesquels la nature vient périodiquement rappeler à l'espèce humaine sa précarité, sa débilité foncière. 2/ Comment interprétez-vous la peur de perdre son argent ? Tenir à son argent, cela-t-il le même sens pour un petit épargnant et pour un milliardaire ? Il m'est arrivé jadis de recevoir durant quelques semaines un patient qui était milliardaire, un rien maniaque, et qui m'annonçait régulièrement en riant qu'il avait gagné ou perdu un million de dollars le matin même en spéculant sur les monnaies. Le prix de la séance, c'était pour lui une sorte de pourboire, ça n'existait pas. Il a fini sur la paille. Il est d'autres types de riches, économes, voire avares, et plus avisés. Mais si vous êtes vraiment riche, vous êtes plutôt inanalysable, car vous n'êtes pas en mesure de payer, de céder quoi que ce soit de significatif : l'analyse vous glisse dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard. Le « petit épargnant » ? épargner, accumuler, c'est sacrifier le désir, ou au moins l'ajourner. La cassette d'Harpagon, c'est de l'encaisse-jouissance, de la jouissance gelée. L'argent, c'est un signifiant sans signification, qui tue toutes les significations. Quand on se voue à l'argent, la vérité perd tout sens, on n'y voit qu'un attrape-nigaud. 3/ L'appât du gain, la volonté d'amasser des sommes telles qu'elles en deviennent irréelles a-t-elle selon vous à voir avec l'angoisse de la mort ? Oui, le pousse-à-l'épargne spécule ouvertement sur la mort, la peur des maladies, le désir de se perpétuer dans sa descendance. Mais il y a aussi le pousse-au-crédit, à la consommation immédiate, à la dépense effrénée. Et, troisièmement, il y a l'argent pour l'argent, le pur plaisir de posséder, le pousse-au-plus. Mort, jouissance, et répétition, ce sont les trois face d'une pyramide dont la base est donnée par la nature inconsciente de l'argent : celui-ci est de l'ordre de l'objet anal. Qu'est-ce qu'on aperçoit dans ce moment de vérité que constitue une crise financière ? que tout ça ne vaut rien. – que l'argent, c'est de la merde, quoi ! Voilà le réel qui déconcerte tous les discours. On appelle ça, poliment, « les actifs toxiques »… Benoît XVI, toujours vif, n'a pas tardé à exploiter la crise financière : ça prouve bien, a-t-il dit, que tout est vanité, et que seule la parole de Dieu tient le coup ! 4/ Cette crise comporte une forte dimension psychologique Qu'est-ce qui explique selon vous ces mouvements de panique, qu'on relève en particulier avec les secousses des marchés boursiers ? Qu'est-ce qui les déclenche, et comment peuvent-ils être apaisés ? Le signifiant monétaire est un semblant, qui repose sur des conventions sociales. L'univers financier est une architecture de fictions dont la clé de voûte est ce que Lacan appelait un « sujet supposé savoir », savoir le pourquoi et le comment. Qui joue ce rôle ? Le concert des autorités, d'où parfois se détache une voix, Alan Greenspan, par exemple, en son temps. Là dessus se fondent les anticipations, et anticipations d'anticipations, des opérateurs. Tout cet ensemble fictionnel et hyper-réflexif tient par « la confiance », c'est à dire par le transfert au sujet supposé savoir. Si celui-ci s'effondre, il y a crise, débâcle des fondements, ce qui entraîne logiquement des effets de panique. Or, le sujet supposé savoir financier était déjà très délité, parce qu'on avait dérégulé à tout va. Et on l'avait fait parce que la finance croyait, dans son délire d'infatuation, pouvoir se passer de la fonction de sujet supposé savoir. C'était croire au père Noël. Premier temps : les actifs immobiliers deviennent des déchets. Temps 2 : de proche en proche la merde envahit tout. Temps 3 : gigantesque transfert négatif à l'endroit des autorités, l'électrochoc du plan Paulson loupe. Non, la crise durera tant que l'on aura pas reconstitué un sujet supposé savoir. Cela passera à terme par un nouveau Bretton Woods, un concile chargé de dire le vrai sur le vrai. |
| 13 diciembre, 2009 |
| Video de Artistas en las Jornadas de la EOL |
| Posteado por MG a domingo, diciembre 13, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
| 12 diciembre, 2009 |
| [elp-debates] El Debate de la ELP-Nueva serie 10/12/09 |
| Posteado por Blog amp a sábado, diciembre 12, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
Escuela Lacaniana de Psicoanálisis del Campo Freudiano
El Debate de la ELP Nueva serie
El acontecimiento de Paris en la ELP
10 de diciembre de 2009 (1)
Las pasadas jornadas de la ECF, el anuncio del proyecto de la Universidad Psicoanalítica Popular Jacques Lacan, la publicación del JJ a lo largo de los últimos meses y los debates que allí se producen, cumplieron con creces el anunciado programa de la “Política lacaniana para el 2009” anunciada por Jacques-Alain Miller, hace más de un año. Un nuevo panorama político, epistémico y clínico se diseña para el año 2010. Para estar a la altura de esta misión la AMP abrirá sus puertas de su Congreso a todos aquellos - miembros y no miembros de la AMP - que se interesen en los destinos del psicoanálisis y debatir su impacto, si alcance y sus secuelas del “Acontecimiento de Paris”.[E. Laurent, 24/11/09]. Los ecos de una renovación del concepto de Escuela, la escuela de la enunciación, también se dejó escuchar en las pasadas Jornadas de la ELP y en la Asamblea. Un renovado entusiasmo por acompañar este movimiento al lado de las otras Escuelas de la AMP, se percibe en las diferentes comunidades de la ELP, en sus debates, en sus discusiones y en su elaboración epistémica. No sólo por parte de algunos miembros sino de los futuros miembros de la Escuela que se interesan por la política del psicoanálisis y que se muestran dispuestos a participar de la vida asociativa y de su formación como analistas. Este horizonte abierto es la verdadera renovación de la juventud de la causa que nos concierne como Escuela. Ellos han estado presentes en la última Asamblea, muchos nos han transmitido su reconocimiento por haberles dado ese lugar. Ahora, los invitamos a que también tomen la palabra. Tienen cosas importantes que decir y serán escuchados. La ELP se prepara para la agenda para el 2010: La Conversación clínica de febrero con la presencia de Jacques-Alain Miller, el Congreso de la AMP en abril, la realización de un Foro sobre el autismo, probablemente en mayo. Desde hace menos de un mes, tres temas parecen haber movilizado a los miembros y no miembros de la ELP después de la Asamblea: el Pase, los CPCTs y el Foro. Hemos recibido mensajes, contribuciones, desacuerdos, colaboraciones. Parece el momento oportuno para que la lista electrónica, “El Debate de la ELP – Nueva serie”, se haga cargo de transmitir a la amplia comunidad de trabajo, y haga llegar a todos estas valiosas aportaciones, antes de que finalice el año. Hasta el 20 de diciembre de 2009. Dos rúbricas se perfilan hasta el momento: Foro sobre el Foro y El pase de la Escuela. Otras, vendrán. Todos aquellos que quieran aportar al debate de la ELP tienen la palabra. Será importante transmitirlas antes de la interrupción de las vacaciones de final de año.
Comenzamos hoy con el Foro sobre Foro.
Lucia D’Angelo Presidenta de la ELP 10 de diciembre de 2009. E-mail: lucia_dangelo_m@yahoo.es
FORO SOBRE EL FORO
El Consejo El Consejo de la ELP, consciente del momento político y de la responsabilidad que le compete, hace suya la apuesta de la AMP por la realización del Forum sobre autismo en España en el 2010.
20 de noviembre de 2009
Anna Aromí Por una política del síntomaEn la reciente Asamblea de la ELP me tocó intervenir al final y en el apresuramiento algunas cosas quedaron medio dichas. Como le pasa al espíritu de Valencia me resisto a dejar de soplar, así que voy a intentar agarrar la cosa por la otra mitad, a ver cómo suena.Toda política se sostiene en un principio básico: la distinción entre amigo y enemigo. No es solo Carl Schmitt, es uno de los aprendizajes más duros que pueden hacerse en una experiencia. Esta separación entre S1 y S2 no es cualquier cosa cuando se trata de asuntos del psicoanálisis. Se ponen a prueba transferencias, se construyen y destruyen lazos de trabajo y de amistad. Se abre un real. Ya no se vuelve a ser el mismo después de atravesar ese punto y, sin embargo, yo diría que no hay verdadera experiencia de escuela que no lo implique en algún momento. Es un síntoma irreductible de las instituciones analíticas desde Freud.
Por eso hay momentos en que la política propia de una escuela consiste en definir ese desfiladero del síntoma, quién es amigo y quién enemigo, para poder transitar por él. Teniendo en cuenta además que la definición irá variando. Si hacemos memoria, hubo épocas en que veíamos a la IPA colorada y con cuernos y en cambio en otras hemos visto que se puede estar en sus congresos a partir un piñón.
El momento actual se caracteriza por el ataque de las TCC contra el psicoanálisis. Un ataque decidido, masivo y muy violento que afecta a toda la AMP, aunque nos dimos cuenta con el movimiento inciado por Jam en Francia. Cuando el enemigo se autoproclama así, ¿quiere decir que no hace falta construirlo? No, hay que definirlo igualmente, porque solo situándolo en cada lugar, reconociéndolo en sus rasgos propios, historizándolo en cada momento, esto es sintomatizándolo, podremos capturar un trozo de real con el que el psicoanálisis pueda medir sus fuerzas. Es una manera de entender la política de lo real, de ese borde de real que se deja atrapar por el síntoma.
Y es que después del acto de separación de las aguas amigas o enemigas, a la política del psicoanálisis le queda aún la concreción, la interpretación. Con los datos disponibles hay que interpretar el momento. Y eso implica dar una respuesta, que se configura a medida que circula, a medida que la hacemos vivir (véanse los Cpct, uno a uno). Cada propuesta con sentido político surgida de una escuela tendría que estar orientada desde este punto: lo que conviene para el psicoanálisis en un momento dado, vistos los datos de que se dispone. Digo al psicoanálisis y no a la propia escuela, ni a la institución ni al grupo cercano. Eso es lo difícil.
La política del psicoanálisis no es fácil, porque entre otras cosas implica en quienes se hacen sus agentes saber caer mal. Saber caer del otro y saber apearse de la amabilidad cuando conviene. A veces hay que luchar sin contemplaciones y enviar a las palabras a luchar cuerpo a cuerpo. Es lo que JAM dijo para presentar LNA: “es David contra Goliat. Es una pedrada”. A veces hace falta para que a uno lo tomen en serio.
Por eso me alegra mucho que la ELP haya hecho suya la propuesta de Eric Laurent y se proponga convocar un acto en defensa del psicoanálisis, bien definido y de amplio espectro, tipo Foro, en Barcelona. Con la que está cayendo hace rato ¡ya es hora de hacer escuchar cuatro verdades! Seguramente convendrá darle unas cuantas vueltas más al asunto, acabar de definir el tema oportuno, reunir las fuerzas disponibles, diseñar muy bien el evento, etc. Pero lo importante no es esto sino otra cosa, lo importante es tomar la decisión, es decir haberla tomado. Un placer contribuir.
Anna Aromí Barcelona, 2 diciembre 2009
Carmen Cuñat "A bras ouverts"
Las jornadas de Valencia, a las que se sumaron las Jornadas de la Diagonal hispanohablante, han Una de las consecuencias más inmediatas ha sido que se ha vislumbrado la posibilidad de hacer un Foro sobre la cuestión del Autismo. Hacer un Foro tal como nos lo ha mostrado JAM, es emprender una batalla política, desde nuestra orientación, con nuestros medios, frente a todas esos modos de hacer que intentan aniquilar al psicoanálisis. No es solamente defenderse sino encontrar la manera de atacar clara y llanamente esas posiciones que se permiten abiertamente decir, como ha ocurrido recientemente en la revista del COP y no es la primera vez, que el psicoanálisis está acabado.. En el campo del tratamiento del Autismo, o lo que se llama ahora el "espectro autista", el enfrentamiento con el psicoanálisis es más que evidente. No sólo porque las TCC se hayan querido apropiar de este campo con argumentos del tipo "el psicoanálisis culpabiliza a los padres", "la causalidad es genética" y ello para dar paso a sus protocolos reeducativos, que contradicen por si mismos esos dos argumentos, sino porque esos mismos protocolos sirven muy eficazmente a los sistemas de evaluación actuales y, en consecuencia, los primeros se ven avalados por los segundos. Parece ser que existen "equipos especializados en el espectro autista" que son los que inspeccionan las instituciones subvencionadas y que bajo el supuesto objetivo del control de calidad, someten a estas instituciones a un control férreo sobre el seguimiento de los tratamientos, que hace imposible la puesta en marcha de un tratamiento institucional ad-hoc como lo requiere el sujeto autista. También, por cierto, hacen casi imposible la creación de nuevos centros ya que la política de subvenciones ya no se sostiene en una distribución de recursos preestablecidos para estos casos (las famosas "partidas") sino que lo que se promueve es la competencia pura y dura entre los centros. Tendrán subvenciones los que presenten programas más económicos y con tratamientos evaluables y efectivos a corto plazo. Un tratamiento del tipo "practica entre varios" el cual ha demostrado su eficacia con otros criterios, claro está, es implanteable en este tipo de instituciones sometidas a ese tipo de evaluación. Cuando digo "parece ser" no es porque tengamos alguna duda sobre su existencia sino porque, a mi parecer, no nos hemos puesto hasta ahora a verificar sus efectos hasta poder verdaderamente sopesar la gravedad del asunto. Es decir, creo que ha llegado el momento de que cada uno de cuenta de lo que ocurre en cada lugar, de cómo se las ha arreglado, de los obstáculos que ha encontrado, de cómo ha podido enfrentar o no este estado de cosas. Me consta que muchos colegas han tenido que dejar de trabajar en esas instituciones en las cuales realizaban su práctica desde hace años, para refugiarse, cuando han podido, en la consulta privada. No es que desde la consulta privada no se pueda abordar el autismo y la psicosis del niño, pero todos sabemos que sólo se puede abordar para unos pocos y que a la hora de querer contar con una red escolar, sanitaria que sostenga el tratamiento nos encontramos con obstáculos enormes. Hablemos de Madrid: Si bien hay varios colegas que desde años se interesan y se ocupan a conciencia del tratamiento del autismo y de la psicosis infantil en la consulta privada o en algunas unidades de salud mental o de educación, nunca se creó una institución que estuviera regida por la orientación psicoanalítica. Las razones son múltiples. Algunos lo intentamos. Las iniciativas que han venido después, contando con la orientación clara que se deducía de "la practica entre varios" tampoco cuajaron. También es verdad que para llevar a cabo esa práctica se necesita una dosis de generosidad y de humildad que no debe ser fácil de obtener. En cualquier caso, resulta difícil pensar en un Foro sin tener una alternativa institucional en marcha que ponga en evidencia ese modo de hacer con el autismo y con la psicosis, cuando por el otro lado la impunidad y la prepotencia está a la orden del día. Resulta difícil pero no es imposible. El Foro puede servir también para dar a conocer lo que cada uno hace desde su lugar y para descubrir y hacer posible nuevos modos de incidir. Lo que propongo es lo siguiente: Me consta que no en todas las comunidades de nuestra Escuela se han encontrado tantas dificultades o a lo mejor sí y han podido sortearlas. Creo que este es un buen momento para que cada uno salga de su rincón y muestre lo que tiene que ofrecer de una manera realista. Que lo haga saber por la VV, que es el lugar más apropiado que tenemos por ahora para poner en juego la famosa practica entre varios. Hagamos un primer brain storming hasta Navidad. Cuando le escribí a Judith Miller para proponerle estas ideas, fue esto lo que me respondió:
¿Que me parece para empezar? Totalmente idóneo, esplendido. Espero que cada colega concernido de cada comunidad responderá.Esta iniciativa tiene la ventaja de movernos mucho para hacer caer las paredes donde estamos encerrados en la ELP por nosotros mismos. Estas paredes tienen consecuencias: no sabemos nada de la wirlkichkeit del trabajo de cada uno . El saber clínico que tenemos se queda escondido y desconocido para la ciudad.
Estas palabras fueron las que me animaron a escribir este texto.
Carmen Cuñat, Madrid 29 de Noviembre
Jorge Alemán Al Consejo
Susana Brignoni Reflexiones
En la última Asamblea de la ELP en Valencia se plantearon muchas cuestiones. Creo que todas ellas forman parte de un tiempo para comprender los últimos acontecimientos: los cierres de los CPCTs, el pase, preguntas y orientaciones acerca de la formación de los analistas. Otros temas a debatir se abren también a partir de Pipol 2009 como por ejemplo el de la posible relación entre la enunciación particular y los trabajos colectivos que allí se situaron como incompatibles. En medio del debate de la Asamblea surge la propuesta lanzada por Eric Laurent de que la Escuela tome una posición activa y de ofensiva respecto a la preocupante situación de los psicoanalistas y del psicoanálisis en relación al autismo y frente a la incidencia de las TCC. La propuesta aparece bajo la forma de un foro: un foro sobre el autismo. Es una propuesta que me sorprendió pero en ese momento me pareció una orientación para tomar a cargo un trabajo común en la Escuela. Luego tuvimos en la Comunidad de Catalunya uno de los encuentros del “Tiempo para comprender” organizados por la Junta Directiva. Una pregunta se hace allí que me parece importante: “¿de qué fuerzas, de qué lazos disponemos para llevar adelante un foro sobre el autismo si pensamos un foro como una instancia abierta a la comunidad, como un espacio donde no se trate sólo de psicoanalistas discutiendo sobre ello?” Esta pregunta me pareció acertada. Pensé, entonces, a quién podríamos convocar desde la institución de salud mental en la que trabajo: la Fundación Nou Barris (FNB), que es una institución pública que atiende sujetos de 0 a 18 años y en la que sólo trabajan psicoanalistas orientados por la enseñanza de Lacan. Me pregunté si el autismo era un problema que nos representaba como institución en la red de salud mental. Inmediatamente me pareció que no. De hecho el porcentaje de autistas que atendimos en el 2009 oscila entre el 0,15% y el 0,6%, teniendo en cuenta que el total de pacientes en curso dentro del mismo año es de 1350. Evidentemente es un porcentaje muy bajo respecto a otros diagnósticos actuales que nos enfrentan con las TCC. Me pregunté, entonces, en primer lugar, si era el momento adecuado para la Escuela, cuando se están cerrando los CPCTs, y aún no sabemos qué efectos tendrá este cierre en nuestras ciudades de llevar adelante un foro. No tengo los elementos para contestar. Pero si fuera el momento adecuado, si concluimos que efectivamente lo es, me pregunto, entonces, si no sería mejor plantearnos un foro que abarque los síntomas actuales, las enfermedades por las que está marcada la infancia y la adolescencia entre los que sin duda estaría el autismo. El TDAH, las anorexias, los TC, las psicosis en general, tal vez nos permitirían contar con más psicoanalistas trabajando en las distintas redes de salud mental que a su vez se vinculan con dispositivos propios de las redes sociales y educativas, que a su manera también están siendo presionados por la incidencia actual de las TCC y sus protocolos. Son preguntas, reflexiones para seguir debatiendo. Gracias.
Susana Brignoni Diciembre 2009
Begoña Ansorena A la Presidenta
Como presidenta de la ELP y la apuesta decidida por la realización del Foro sobre Autismo que lideras, quisiera exponerte algunas reflexiones tras la reunión de la Escuela en la noche de hoy 26 de noviembre.
Antes de nada, creo que los diversos temas tratados en dicha reunión, no ha hecho posible tratar el tema del Foro con el suficiente espacio, para debatir la pertinencia, viabilidad etc, de este gran cometido. Digo "gran" porque según tengo entendido se habla de un Foro a nivel nacional como mínimo.
Mi propuesta, para ser breve e ir al grano sería de convocar una reunión en la Escuela para hablar sobre el tema, convocando a las personas que trabajan en primera línea desde la clínica con autismo así como a las personas que lo hacen desde un lado más político-institucional sobre el mismo tema, a realizar una exposición-análisis de la situación actual del autismo en Barcelona-Cataluña, basada en su experiencia.
Creo que dicha reunión podría servirnos para aproximarnos a la realidad compleja que del tratamiento del Autismo se hace hoy desde las instancias socio-político-educativo-
Esto como aproximación, como preámbulo para poder pensar en los objetivos como decía Hebe, ya que la magnitud de dicho evento, hacerlo existir, implica mucha energía, fuerza, y sobre todo DESEO que muchas veces, se da por hecho que está de entrada pero no es así, hay que causarlo.
Personalmente creo que el Psicoanálisis de orientación Lacaniana ha demostrado y continúa haciéndolo que tiene mucho que decir y aportar con la "Práctica entre Varios" en el tratamiento del Autismo y la psicosis, como lo demuestran las Instituciones en Francia, Bélgica, Italia, con Nonette, Le Courtil y La Antenne 110, y la Antenina, respectivamente pero en España esto no se ha dado. La coyuntura es otra, efectivamente, pero por eso apoyo la idea de un Foro, veamos si se pueden crear nuevas coyunturas tras los vientos de Valencia. No hay ninguna Institución especializada en Autismo y /o psicosis, de momento, que ofrezca tratamiento desde el psicoanálisis de orientación lacaniana. Se trabaja en ello.
Estaría bien poder transmitir dichas experiencias aquí en España, pero esta vez más allá de las murallas, por eso pienso que el Foro sería un buen lugar.
Saludos cordiales, Begoña Ansorena Socia CdC- ELP |
| [Lacanian-Orientation-US] London Society : "Where Do We Stand?" |
| Posteado por Blog amp a sábado, diciembre 12, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
Free Entrance The study day will take stock of the position of Psychoanalysis in the Lacanian Orientation both in local contexts and in relation to the politics of the World Association of Psychoanalysis. Three themes will be addressed: 1) Regulation and local conditions for the practice of psychoanalysis today 2) Politics of the school and the contemporary social bond 3) Becoming an analyst State-led regulatory policies aggregate all 'psy' practices under the aegis of a therapeutic ideal. Psychoanalytic Schools throughout the world have to find ways to preserve the possibility of a lawful practice without for all that subordinating psychoanalysis to the demands of the master discourse. Over the past few years the WAP in its various instances devised a series of strategies to survive contemporary forms of the social bond. This London-based event will provide an opportunity for information, clarification, debate, questions and discussion on: - The impasses our civilisations face - The inventions that were designed to preserve psychoanalysis - The vicissitudes of these inventions - Above all, the question of 'becoming an analyst' All are welcome. Véronique Voruz |
| [laliste] Le feuilleton n°3 |
| Posteado por Blog amp a sábado, diciembre 12, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
Un après-midi à Brive Michèle Astier Dans la Lettre mensuelle de novembre dernier, Maryse Roy, Daniel Roy et Philippe Lacadée disent ce que le titre des prochaines journées du RI3 doit à la « Préface à l’édition anglaise du Séminaire XI » de Lacan, publiée dans les Autres écrits et sur lequel Jacques-Alain Miller est revenu à plusieurs reprises dans son cours. Lacan se montre là préoccupé par les cas d’urgence. À la lecture de ce texte, nous sommes frappés par la tension, concernant la cure, entre historisation et cas d’urgence. Si la première renvoie à la structure de discours qu’introduit l’hystérie avec l’invention de l’inconscient freudien, le second relève d’un réel particulier. La psychanalyse traite d’abord l’urgence subjective par une historisation/hystérisation – d’où ce terme que forge Lacan d’hystorisation –, avec l’association libre dans le transfert, qui permet une articulation signifiante de ce qui a fait irruption et qui ouvre la perspective d’un nouage entre savoir et vérité. Mais cette voie bute sur une difficulté, et l’urgence fait retour au point où le registre de la vérité trouve sa limite. L’articulation ne suffit pas à traiter le réel et ses effets de jouissance, les signifiants de l’histoire ne permettent plus de border l’impossible devant lequel se trouve le sujet. Comment dès lors traiter ces surgissements qui se présentent sous les espèces de l’urgence ? Le RI3 aborde le problème non à partir de la cure, mais de ce qui se rencontre dans l’accompagnement de patients en institution, rencontre avec ce « trop » que nous indique l’argument des journées. La réunion de travail qui s’est déroulée dans la délégation de Brive-Tulle de l’ACF-Massif-Central le 31 octobre dernier a donné un premier aperçu de la diversité des cas et des réponses possibles. Voilà qui est extrêmement précieux en ce temps qui est le nôtre et qui pousse à l’urgence, comme l’a introduit Jean-Pierre Rouillon qui animait l’après-midi, avec ces commandements de toujours plus, toujours plus vite, et qui pousse des sujets sur le versant de la pulsion de mort. Il convient également, insistait-il, de se repérer entre urgence sociale et urgence subjective. Les cas présentés, issus pour une part d’une institution d’orientation lacanienne, le CTR de Nonette, et pour l’autre part d’un classique service de consultation, ont fait état d’interventions qui n’en passent pas par l’histoire du sujet et de sa famille, mais qui s’appuient strictement sur la structure. Les quatre interventions ont été largement discutées. Elles ont fait entendre par quels détours un accompagnement orienté peut aboutir à une séparation d’avec l’objet voix, présent de toute évidence dans ce gadget qu’est le téléphone portable (Zoubida Hammoudi), ou qui anime, derrière l’image, un conflit entre deux pensionnaires (Hervé Damase). Dans un service de consultation, le passage obligé par un rendez-vous téléphonique introduit une première temporalité, puis c’est en passant par un certain maniement du signifiant au niveau de la lettre (Gabriel Chantelauze) et un désir décidé (Nadine Farge) qu’un écart sera obtenu. Autant de situations où il a été possible de faire passer la précipitation à une autre temporalité (mise en suspens, anticipation, lecture après-coup). Se faire partenaire du sujet a eu dans chaque cas effet de civilisation. Ces quelques notes ne prétendent pas rendre compte de la richesse de cette séance de travail qui donne un avant-goût de ce que sera le rendez-vous de Bordeaux en janvier prochain. Puissent-elles susciter le désir d’en entendre et d’en lire davantage ! > pour se désinscrire de la liste, envoyer un message sans objet à [ laliste-unsubscribe@ri3.be ] > pour s’inscrire, adresser un message vierge et sans objet depuis sa boite à [ laliste-subscribe@ri3.be ]
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| ENAPAOL_2009_Algunas Fotos |
| Posteado por A.A.delaR. a sábado, diciembre 12, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
Lista ENAPAOL |
| 11 diciembre, 2009 |
| [ecf-messager] Journal des Journées N°72 |
| Posteado por Blog amp a viernes, diciembre 11, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
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JOURNAL DES JOURNÉES le vendredi 11 décembre 2009, édition de 16h 50 N° 72 « LA CRISE DES VALEURS » AU BARREAU DE PARIS par Hélène Parvillé Le 3 décembre dernier, la Maison du Barreau accueillait un colloque, « Gouvernance économique, éthique et régulation ». Puissance invitante, Christian Charrière-Bournazel, le Bâtonnier de Paris, animait la dernière session, intitulée « Ingérence des dogmes et crises des valeurs ». Il introduisait Alvaro Gil-Robles, ancien commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris, Olivier Boulnois, philosophe, directeur d’études à l’École des Hautes Études, et Jacques-Alain Miller, chargés de présenter au public leur analyse de la crise contemporaine, tandis qu’Alexandre Adler devait conclure la discussion par une synthèse. Les discours judicaire, politique, philosophique et religieux, nous présentent tout d’abord une vision presque manichéenne du monde occidental : d’un côté, un Eldorado démocratique ; de l’autre, une crise diabolique. La Convention européenne des Droits de l’Homme est ainsi considérée comme la chartre d’un monde-modèle, malheureusement ravagé par les conséquences d’un « capitalisme fou », et de ses prises de risques inconsidérées, violant le « principe de responsabilité ». On déplore que la justice soit supplantée par le souci de sécurité, et que la société soit de plus en plus intransigeante, de moins en moins tolérante et solidaire. Il est également question de la crise de la famille, devenue incapable de transmettre certaines valeurs. Pour Alexandre Adler, le refus d’enfantement, la peur de se reproduire, traduit l’absence de confiance dans l’avenir. Face à la crise, il y aurait donc un impératif de lutte, afin de faire respecter les lois, et de former des citoyens capables de se faire entendre. Les dogmes prennent alors toute leur importance : ils forment un système de convictions, un cadre qui détermine les valeurs et les actions de l’homme. Et si les conduites des personnes avaient des causes moins rationnelles que la loi dogmatique ? Le discours psychanalytique vient ici trouer l’idéalisme démocratique. La crise n’est plus seulement le vacillement d’un système, mais l’émergence d’un réel, et elle est porteuse de vérités. Dans un article du 11 octobre 2008 dans Marianne, Jacques-Alain Miller définissait la crise financière comme suit : « Il y a crise, au sens psychanalytique, quand le discours, les mots, les chiffres, les rites, la routine, tout l’appareil symbolique, s’avèrent soudain impuissants à tempérer un réel qui n’en fait qu’à sa tête. Une crise, c’est le réel déchaîné, impossible à maîtriser. L’équivalent dans la civilisation de ces ouragans par lesquels la nature vient périodiquement rappeler à l’espèce humaine sa précarité, sa débilité foncière ». Il n’existe pas un « Paradis des valeurs », mais des transgressions, des dévaluations, des dévalorisations : les « valeurs » sont depuis toujours en crise. Et l’argent, « la valeur de toutes les valeurs, la valeur par excellence, celle qui tue toutes les significations », c’est la vérité de toute évaluation. Ce qu’il en reste, c’est l’objet anal, le déchet, « l’actif toxique » de la finance. La crise pousse les sujets vers d’autres valeurs, des valeurs-refuges : l’or, dont le cours monte vertigineusement, ou encore Dieu, valeur absolue… Les financiers promettent de faire pénitence quand Wall Street s’effondre, ils oublient tout dès que les affaires reprennent. Pourquoi la civilisation serait-elle douce ? Joseph de Maistre (1753-1821) avait bien mis l’accent sur le fait que ce qui fonde la société, c’est le bourreau, l’homme qui tue. Les châtiments suscitaient la liesse populaire : grandes occasions de jouissance. Mais, aujourd’hui, les calculs utilitaristes évacuent la jouissance. Le psychanalyste ne saurait rêver d’une justice idéale, il prônerait plutôt un droit qui nuancerait la croyance en la vérité, qui saurait que le vrai n’est jamais le réel, et qu’il y a toujours une part d’insondable autant dans le crime que dans la décision judiciaire. Par ailleurs, ne croyons pas qu’il existe un capitalisme sage et un capitalisme fou. Ils sont solidaires. L’essence du capitalisme, c’est le risque, c’est l’excès ! Même si la vieille France paternaliste est attachée au principe de précaution, « le risque est une valeur qui triomphera au 21ème siècle », proclame Jacques-Alain Miller. Et il nous sollicite à prendre part activement à ce mouvement : « J’aime beaucoup le 21ème siècle, avec ses verrues et ses boutons. Décider d’être de son temps est thérapeutique, dit-il, je le recommande à tout le monde». Jacques-Alain Miller se distingue donc nettement de ses interlocuteurs progressistes, quarante ans jour pour jour après Lacan, lors de sa conférence à Vincennes du 3 décembre 1969, intitulée « Analyticon » : « Je ne suis libéral, comme tout le monde, que dans la mesure où je suis anti-progressiste. À ceci près que je suis pris dans un mouvement qui mérite de s’appeler progressiste, car il est progressiste de voir se fonder le discours psychanalytique (…) » (Séminaire XVII, p. 240). Enfin, pour conclure la journée, Alexandre Adler expliqua la crise par l’illusion du progrès, qui consiste à croire que ce qui monte ne peut pas descendre : cette loi ne s’applique pas aux œuvres humaines. Pour lui, on est à la veille d’une grande révolution économique. L’ensemble de l’Occident a été convaincu en un instant que les grands entrepreneurs ne sont pas les gourous de tous les temps, et que l’État a un sens, une capacité de régulation. Laure Naveau, Un bon usage du Nom-du-Père * RÉPONSES Lilia Mahjoub, Réponse à Jacques-Alain Miller Serge Cottet, Réponse à Jean-François Cottes Philippe Chanjou, Réponse à Esthela Solano-Suarez Dominique Holvoet, Réponse à Dominique Miller * SOLITUDES Marie-Hélène Brousse, La passe, côté cartel Rose-Paule Vinciguerra, Le désir de ne pas nommer Bernard Seynhaeve, Soirées AE Patrick Monribot, Un sésame * Rose-Marie Bognar, Molière et Kafka UN BON USAGE DU NOM-DU-PÈRE par Laure Naveau Je n’ai pas un maniement facile du signifiant-maître. Et il est heureux pour notre communauté que d’autres aient ce maniement, car aucun groupe ne peut subsister entre parlêtres sans référence à ce signifiant. J’ai, pour ma part, le désir, comme beaucoup d’entre nous, que notre communauté, qui porte en elle la psychanalyse lacanienne de demain, subsiste. Que la psychanalyse survive. Or, l’École, qui est au centre de cette communauté, est une association, qui distribue des fonctions, des responsabilités, des pouvoirs. Seulement, entre hommes de pouvoir, entre femmes de pouvoir, des conflits apparaissent nécessairement. Ils mettent en évidence, en différents points, un défaut, une faiblesse, de régulation par le Nom-du-Père. Dans l’École, quand de tels conflits se produisent, j’ai pu constater qu’ils ne se dénouent qu’à la condition que J.A. Miller y mette son désir, qui humanise. C’est ce qui vient de se passer avec les Journées, qui ont remis chacun, ancien, ou nouveau venu, en position de responsable de son inconscient, de sa jouissance, de son rapport au réel, et face à son désir de franchir une passe. Ce fut une nouvelle naissance du désir de l’analyste, qui prend en compte le réel, et inaugure une suite où la surprise et la fraîcheur seront encore de la partie. C’est ce qui vient de se passer aussi avec le Collège de la passe. Le blocage du Collège de la passe tenait à un conflit de pouvoir, imaginaire. Ce conflit existait d’emblée. Je pense même qu’il datait de bien avant son ouverture. Qu’il repose sur de « vieilles querelles », dont on ne sait ni l’origine, ni la raison véritables, cristallisées ou pas au sein des « instances ». Ce sont parfois des effets de prestige, ou des rivalités « entre femmes », ou bien une rivalité à l’endroit du rapport au « plus-un » que représente J.A. Miller (ça, c’était avant Barcelone, dirions-nous). D’où des jeux d’alliances et d’intrigues qui noircissent les relations les plus authentiquement amicales, en introduisant une sorte de suspicion diffuse, angoissante, et finalement démobilisante. Au bout du compte, ce qui est en jeu – l’avenir de la passe, sa promotion, la politique de la psychanalyse, sa défense, les « propositions », au sens noble du terme, les inventions attendues d’un tel Collège, pour la passe, pour le psychanalyste de l’École et du 21ème siècle, pour lui permettre de sortir de ses inévitables impasses liées aux effets de l’automaton –, tout cela disparaît au profit d‘enjeux de pouvoir. Résultat : la tension monte. Et nous ne pouvons plus travailler. Par exemple, nous ne nous sommes pas interrogés sur la politique de nomination ou de non nomination, la question des passeurs, de leur désignation, de leur « qualité ». Exprimer nos hésitations, nos éventuelles divergences de points de vue, devient tout simplement impensable. L’intervention de J.A. Miller, offrant aux membres du Collège la tribune du Journal des Journées, a déplacé ce conflit, lui a permis de s’exprimer publiquement à mots plus ou moins couverts, et quelque chose s’en est trouvé apaisé. C’est un bon usage du Nom-du-Père. forums des psys L’ÉVALUATION, CULTURE DE MORT dimanche 7 février SUR LA JUSTICE dimanche 11 avril SUR UN « ABUS DE POUVOIR » Lettre à Jacques-Alain Miller par Lilia Mahjoub Votre expression qualifiant les modifications du règlement interne de la passe d’« abus de pouvoir » m’a fait éprouver un grand sentiment d’injustice. Ces modifications, je vous en avais parlé, et je vous les avais envoyées, car celles-ci ne pouvaient se faire sans votre accord, étant donné que c’est vous qui aviez écrit, en effet, ce règlement en 1982. Pourquoi ces modifications ont-elles été faites ? Il y avait plusieurs raisons à cela. Il y avait depuis quelques années une désaffection de la passe. Les Cartels étaient silencieux. Ce que le Collège avait produit avait été méconnu et inexploité. Les débats de ce qui s’est appelé le mini-Collège étaient restés dans le tiroir. Les AE se plaignaient : du peu de fréquentation de leur Soirée ; de la façon dont le Collège s’était tenu et de l’esprit qui y régnait ; du Secrétaire de la passe qui les déprimait en annonçant la mort de la passe. Sur tout cela, le Conseil, puis, à partir de 2005, le Bureau et le Conseil, se trouvaient réduits à l’impuissance. Nous assistions à un empoisonnement lent mais sûr de la passe. Après vous avoir consulté plusieurs fois à ce sujet, et donc sur vos conseils et avec votre accord, nous avons pris les mesures suivantes : 1) novembre 2006 : suspension du traitement des demandes d’entrée dans le dispositif de la passe, et annonce d’un temps de réflexion ; 2) 21 janvier 2007 : tenue du Séminaire de réflexion sur la passe, auquel vous avez participé, et qui a été publié en brochure pour les membres. 3) 4 avril 2007 : le règlement intérieur stipulait que « la composition et le fonctionnement de la Commission de la passe seront définis à l’issue d’une réflexion devant intervenir en 2007 » : c’est ici qu’il fallait que le Bureau décide. Qu’avons-nous décidé ? a) nous avons retiré des mains du Secrétariat le pouvoir qu’il avait sur la procédure pour le donner au Bureau lui-même, afin que celui-ci puisse veiller à ce que certaines choses se fassent : la tenue du Collège, les enseignements des Cartels, tout ce qui s’était arrêté petit à petit, au fil des années ; b) jusqu’alors, le Secrétariat de la passe était confié à des sortants des Cartels de la passe ; nous avons modifié le règlement afin que ce soit le Bureau qui propose la liste des membres du Secrétariat à l’approbation du Conseil ; c) c’est ainsi que le Secrétariat alors en fonction, et composé de quatre membres – Fr. Leguil comme Délégué du Conseil pendant quatre ans, A. Merlet, P. Monribot, et M.-H. Roch – a été remplacé par un Secrétariat de trois membres nommés pour deux ans – Francesca Biagi, Philippe La Sagna, Yasmine Grasser –, libres alors de toute autre fonction. Voilà le contexte exact dans lequel s’inscrivaient les modifications du règlement de 1982. Je souligne que je vous ai toujours tenu informé de toutes nos démarches. La question des enseignements Lorsque nous étions ensemble dans un Cartel de la passe en 1990-1992, avec Éric Laurent, Alain Merlet, et Geneviève Morel, nous tenions des « Après-midi de la passe ». Nous étions alors membres du Conseil tous les deux, et j’étais Directrice adjointe, ce qui m’a permis de veiller à l’organisation de cet enseignement. Je pourrais voir quand et comment les enseignements des Cartels se sont arrêtés. Lorsque je suis entrée dans ce Cartel 2008-2009 qui va bientôt prendre fin, j’ai provoqué une réunion pour que nous fassions un enseignement, sous la forme de « Matinées de la passe ». Deux ont pu se tenir, et ont donné lieu à des publications. Après, il y a eu l’affaire du CPCT. En juillet à Barcelone, je me suis à nouveau démenée pour que nous organisions une troisième « Matinée de la passe ». On devait la faire à cette rentrée, en octobre, mais cela n’a pas paru possible. Je pourrais développer. [Chère Lilia, je vous donne acte, bien volontiers, de cet « exposé des motifs » de la décision du Conseil. Je ne mets pas en doute vos intentions, et je me souviens en effet de plusieurs coups de téléphone où vous m’avez à la fois informé et interrogé. Je me souviens aussi vous avoir témoigné de mon malaise devant la procédure choisie (modification par le Conseil, non par l’Assemblée), si bien que j’ai eu le sentiment - des sentiments, j’en ai, moi aussi - d’avaliser un abus de pouvoir. Mais il y avait urgence, et une relance de la passe me paraissait en effet indispensable. Puisque le Bureau se proposait de l’accomplir, je n’allais pas me mettre en travers. Cette relance a-t-elle eu lieu ? Si c’était le cas, nous n’en serions pas là. — JAM] COTTET À COTTES Réponse à Jean-François Cottes par Serge Cottet Les griefs de J.-F. Cottes à l'adresse du cartel A9 sont de deux sortes : en plus des retards et dysfonctionnement de la communication, il impute au cartel une surdité sur le fond. Ces deux objections se rejoignent : désinvolture et surdité = incompétence : il est vrai que sur ce point c'est toujours à l'Autre d'en juger ; deux observations cependant pour contribuer au débat. 1 - Les péripéties qui retardèrent la communication de la réponse du cartel sont dues au travail sur le témoignage lui-même et à rien d'autre. Les rendez- vous proposés à J.-F. Cottes, à sa demande, pour justifier cette réponse et l'invitation à venir en parler chez moi n'ont pas abouti pour des raisons communes de calendrier. D'où le rendez-vous lors des Journées de l'École qui ne relevait pas d'une rencontre fortuite de couloir mais avait été décidée ensemble, il est vrai faute de mieux. À cette occasion j'ai pu dire à J.-F. Cottes que c'est par comparaison des témoignages de plusieurs passes et différentiellement qu'une passe apparaît plus convaincante qu'une autre ; la nomination en juin d'un AE ne fait pas objection à la nomination d'un autre ; c'est une contingence, ce n'est pas un numerus clausus ; il n'y là ni frilosité ni retenue. 2 - Sur le fond la confidentialité est de règle ; elle n'empêche pas de donner cette précision : le passant obtient de son analyse une certitude ; il communique sa conviction aux passeurs; mais le cartel, lui, n'a pas la même ; ce n'est pas seulement une question d'obtusion ou de surdité ; on a très bien entendu, mais ce qui s'entend creuse les contours d'un masque et laisse effectivement une ombre ; J.-F. Cottes ne croit pas si bien dire en se référant à la citation de Lacan sur « l' ombre épaisse... à dissiper » ; c'est exactement ce qui nous a orienté. La passe n'étant pas l'enregistrement des certitudes du passant mais l'élucidation d'un désir inédit, la transparence subjective a des limites. Oserais-je rappeler que ce qui est transparent pour le passant (un rêve par exemple) peut être surinterprété pour qui ne se fie pas qu'à son énonciation. La contingence de la passe, c'est aussi cela. POUSSIÈRES DE NOS ANALYSES Réponse à Dominique Miller par Dominique Holvoet On ne lit jamais que ce qui nous regarde, on ne s’arrête que sur ce qui a été écrit pour nous, sur ce qui s’adresse à nous. Poussière !, ai-je lu dans le texte de Dominique* à propos de la passe à l’entrée. « Quand on ouvre les portes d’une cathédrale [celle de l’École de la passe], on y fait entrer une lumière certes, mais aussi de la poussière. » [JJ 68] Si je ne connaissais la délicatesse de Dominique, je dirais que c’est violent. Donc poussière est sans doute le mot juste, mais parce que tombé de la plume de son auteur. Je suis entré dans l’École, « mal nommé comme nous tous », par le biais de la passe à l’entrée et je ne comprends toujours pas le mépris dans lequel elle reste tenue. Certes, nous partageons une haute idée de l’École que nous voulons à la hauteur du désir de Lacan, mais n’avons-nous pas – quelle glue – une trop haute idée de nous même lorsqu’il s’agit d’admettre des pairs parmi nous. Si le dispositif de la passe à l’entrée s’est certes emballé, il avait eu le mérite précisément de désacraliser la passe – de la faire sortir de la cathédrale, de nous faire sortir de ce lieu où l’officiant énonce le mercredi des cendres : « poussière, tu es poussière et tu retourneras en poussière ». Voilà d’où tombe le mot : si l’École était une Église, il faudrait en effet attendre la mort pour pouvoir savoir. Sortons donc de la cathédrale et faisons exister l’École sans ces hauts murs de pierres qui l’ont fait comparer à une forteresse de sages, foulons la poussière des grands chemins, frayons avec les manants, les indigents et les borgnes que nous sommes fiers d’être. Ce qui constitue le noyau de l’École de la passe, c’est ce que chacun fait de la poussière qu’il se sait être, poussière d’or et poussière de feu ! Les analysants de l’AMP crachent le feu d’un désir qui se sait boiterie, leur parole est d’or parce que sortie des méandres de l’association libre. Dès lors une École de la passe ne pourra jamais être qu’extime, à côté, hors institution, fondée par les poussières de nos analyses. * Miller Dominique, « La passe : de la solennité à la simplicité », Journal des Journées, n°68 LA PASSE, CÔTÉ CARTEL par Marie-Hélène Brousse J’ai été membre des cartels de la passe à quatre reprises : choisie comme plus-un à l’ECF de 1994 à 1996 ; puis en tant que – en fonction du règlement – membre du cartel suivant de 1996 à 1998 : puis, plus tard, élue lors de l’Assemblée générale ; et, d’autre part, désignée comme membre d’un cartel de l’ELP lors de la période de crise qui a vu certains collègues quitter le Champ freudien. Je considère que cette expérience, distribuée selon quatre modalités choix de l’Autre, automaton, élection et désignation, a été essentielle dans ma trajectoire, infinie, de formation analytique, autant dire que j’en fais une expérience d’enseignement. C’est du cartel de l’ELP que je souhaite tirer quelques remarques aujourd’hui. A son début il comportait S. Cottet, G. Morel, F. Perena, et moi-même, le plus-un étant L. D’Angelo. Je garde de nos travaux un mauvais souvenir. Mais en même temps, à y avoir longuement réfléchi, poussée justement par les conséquences subjectives douloureuses que ce travail avait sur moi, cette expérience s’avère très riche d’enseignement. De F. Perena, je n’ai pas appris grand chose, car sa participation fut le plus souvent silencieuse, avant de s’interrompre rapidement. G. Morel, par contre, m’a permis de tirer quelques affirmations qui m’orientent encore aujourd’hui. Premier point : le cartel était composé d’AE, susceptibles d’être intéressés à transmettre à d’autres le oui qui leur avait été adressé. Pour cela, il convient qu’ils n’érigent pas leur propre parcours et/ou témoignage en norme. Que, bien au contraire, ils soient particulièrement intéressés par des témoignages, des problématiques, des styles, des structures, des sintomes, différents du leur. C’est seulement ainsi que leur présence dans un cartel de la passe se justifie. Deuxième point : G. Morel traitait les témoignages en y cherchant un certain nombre de critères. Ainsi un exemple parmi d’autres : la recherche systématique comme d’une condition nécessaire, de « la névrose infantile » du sujet, sur laquelle le passant n’avait pas nécessairement mis l’accent. Ces critères en venaient à s’imposer comme une véritable procédure réglant l’écoute du cartel. De même, devant les questions que se posait le cartel, le renvoi des passeurs vers le passant, ou le passant demandant à revoir ses passeurs, lui semblait contraire à la procédure de la passe. Je tiens que la procédure du dispositif, si elle doit, bien entendu, être clairement définie par un règlement, doit aussi pouvoir être adaptable à la singularité des cas qui se présentent. Quant à une recherche procédurisée d’éléments de la théorie analytique dans les témoignages des passants, je la pense en contradiction complète avec le réel de l’expérience de la passe, d’autant que cette « procédure » n’est la plupart du temps qu’un symptôme érigé en norme universelle, ce qui était clairement démontrable dans ce cas. Il est exclu de prendre les lois du désir et de la jouissance pour l’analogue de celles de l’astronomie ou de la physique. Le témoignage a d’abord à être entendu pour ce qui, en lui, échappe, met en défaut, surprend la doxa analytique. Si ces manifestations anomiques sont traitées sur le versant du déficit de norme, donc de normalité, le cartel en vient à un principe de précaution qui le condamne à s’abstenir de nommer. Dernier point : Je vois la passe, côté cartel, comme un lieu d’innovation et de pari calculé. On ne doit pas y chercher seulement la confirmation de ce qu’on sait déjà, mais y être à l’affût de ce qui s’invente et se découvre dans les analyses. « DÉSIR DE NOMMER, DÉSIR DE NE PAS NOMMER » Note conjointe sur la solitude de l’AE par Rose-Paule Vinciguerra Dans le JJ n° 69, Jacques-Alain Miller revenant sur les cartels de la passe regrettait que le Collège n’ait pas mis à l’ordre du jour de ses travaux le désir des cartels ces dernières années. Une phrase s’est pour moi détachée de son propos. On aurait pu thématiser, dit-il, concernant ces cartels « le désir de nommer et le désir de ne pas nommer… ». Le désir de nommer pour un cartel de la passe semble aller de soi. C’est sa fonction de nommer des AE. Mais que serait pour celui-ci le désir de ne pas nommer? Une sombre jouissance « à lui-même ignorée » ? Plus banalement un élitisme fermé de « gens en place »? Sans doute cela est-il pour chacun à interroger. Mais ne peut-on plutôt évoquer ici une certaine « frilosité » dans les décisions de nomination ? Cette frilosité, si elle existe, me semble en lien avec une exigence qui traverse le cartel. D’où peut venir cette condition dont d’aucuns pourraient penser qu’elle confine à une mise en demeure des passants ? Il me semble que les membres d’un cartel de la passe, lorsqu’ils sont en fonction, ne peuvent pas ne pas avoir en tête, dans le temps même qu’ils écoutent et qu’ils débattent ensemble, les élaborations récentes de Jacques-Alain Miller sur la fin de l’analyse et la passe à partir du tout dernier enseignement de Lacan. Une phrase du cours de cette année me revient : « Tant que vous n’avez pas obtenu un c’est ça, pas la peine de jouer à faire la passe ». Un c’est ça que vous avez pu réduire à partir des semblants qui vous animent ; un c’est ça, le votre, irréconciliable condition de jouissance sur ou plutôt contre laquelle vous devez désormais vous appuyer, bref votre sinthome. Il me semble que les cartels de la passe sont en attente, non pas d’un témoignage qui exemplifierait cette avancée de la recherche en psychanalyse et qui du coup sonnerait inévitablement faux, mais d’un travail analytique effectué jusqu’à une monstration, celle de la limite même d’un irréductible « sans raison », non résolu dans la signification phallique. Et sans doute est-ce ce désir de savoir…encore qui arrête un cartel dans son souhait de nommer quelqu’un AE. C’est cette affinité avec la recherche qu’effectue Jacques-Alain Miller qui m’apparaît aujourd’hui comme justifiant un relatif « ne pas nommer » dans le cartel de la passe dont j’ai fait partie. Je voudrais maintenant revenir sur un syntagme assez souvent rencontré: « la solitude de l’AE ». Après sa nomination et une fois passée l’euphorie des premiers temps de son exercice, l’AE éprouve-il une désespérante solitude, comme on peut parfois l’entendre ? Il y a solitude et solitude. Une chose est la solitude de fin d’analyse, cette traversée du désert, lorsqu’il n’y a plus aucun sens qui vaille, cette rencontre du « Rien peut-être ? » comme l’a écrit Lacan. Mais la solitude de l’AE, comme celle de chacun de ceux qui ont fait un choix subjectif impliquant une perte, ne me semble pas de nature à être déplorée. Dans l’exercice de leur mandat, les AE travaillent : c’est ce qu’ils ont à faire. Ce qui est difficile, c’est leur travail, pas leur solitude. Car leur élaboration qui vaut pour eux-mêmes vaut sans doute aussi pour quelques autres et elle s’adresse toujours à l’Autre de l’École. L’École ne les reconnaît pas ? C’est arrivé, oui, et parfois sans détours. Mais si l’AE doit être analyste de l’expérience de l’École comme le voulait Lacan, à charge pour lui d’analyser la cause « politique » de son malaise. Cela ne s’est pas fait jusqu’ici publiquement ; cela devrait se faire dorénavant. Jacques-Alain Miller opère en ce moment de façon éclatante une interprétation de l’École. Il est de la responsabilité des AE de pas se dérober à cette tâche dans d’autres endroits de l’École et d’interpréter, lorsque cela est nécessaire, son expérience même. Les événements nous ont appris qu’au pays de l’inconscient, il n’y a pas à désespérer du désir. Tôt ou tard, le refoulé fait retour. Aujourd’hui nous n’avons pas à bouder notre plaisir. SOIRÉES AE par Bernard Seynhaeve Cher Jacques-Alain Miller, Je connais un moment subjectif difficile. Inhibition. Je voudrais articuler mon inhibition à la solitude. Circonscrivons ce point. Premièrement. Je distingue deux formes de solitude dont je fais l’expérience en ce moment. La première concerne le fait que je suis seul AE depuis près de deux ans à l’ECF. Le Jury de l’ECF a nommé deux AE en avril 2008, Antoni Vicens et moi-même ; Antoni est membre de l’ELP. Quatre autres AE viennent d’être nommés. Aucun francophone. J’ai par ailleurs souligné un acte manqué de l’École au moment de présenter son rapport d’activité puisque parmi toutes les activités organisées par l’École, rien n’avait été dit sur la passe et la nomination de ces deux AE. J’en conclus donc que la production actuellement d’AE ne fait pas partie du désir de l’École ; de l’École-sujet, comme vous le définissez dans la théorie de Turin. Je reste logique. Il ne s’agit pas, dans cette solitude, de la solitude de l’AE. Certes, cette solitude subjective dont je témoigne est imaginaire, je l’admets. Elle me permet néanmoins d’en conclure que l’École ne désire pas produire d’AE actuellement. J’ai remarqué, comme je le souligne plus loin, que ce n’est pas le désir de passe qui manque, mais bien le désir de nommer des AE. Retenons ce premier point. Deuxièmement. La seconde forme de solitude dont je voudrais témoigner est celle que je vécus dans ma chair, dans mon être pendant mon parcours analytique et que je retrouve aujourd’hui. C’est cette solitude qui fut le point d’Archimède de la fin de la cure. Cette solitude-là constitua le grain signifiant que j’ai tenté de moudre depuis ma nomination. Au fond, je n’ai fait que cela, évoquer ce moment de passe que constituait dans ma cure ce que j’ai nommé ma traversée du désert, parler de cette interprétation déterminante de mon analyse qui stoppa l’association libre et fit chuter la supposition d’un savoir. C’est en effet de cette solitude radicale là, celle de l’Un laissé en plan sans le recours de l’Autre, de cette solitude spéciale, corrélée à un réel rendu tangible et à ma jouissance singulière, de la fascination du sens, c’est de tout cela dont j’ai parlé. Il fallait ouvrir la bouche, je l’ai ouverte pendant plus d’un an, depuis que j’ai été nommé AE. Mais aujourd’hui, à la veille de commencer cette année, il faut bien que je vous fasse part d’un symptôme qui m’envahit. Celui de l’inhibition. Je suis inhibé. Mon troisièmement est un paradoxe. Cette inhibition, ce « ne pas parvenir l’ouvrir », fait tache dans le tableau. Le tableau, c’est celui des dernières Journées de l’ECF et de l’acte génial que vous avez posé. Cet acte est un acte analytique visant le sujet supposé savoir qu’est l’ECF. En effet, ces Journées et le Journal m’ont appris plusieurs choses. D’abord la dimension du « collectif des Uns », le « tous singuliers », le « tous analysants ». Chacun témoignant avec pudeur de sa singularité. C’est ce que cet à ciel ouvert des Journées a rendu possible. Dans la perspective de ces Journées, je suis allé lire la « Théorie de Turin », formidable formation de l’inconscient de son auteur. Bien qu’elle fût prononcée il y a presque 10 ans, elle est également une incroyable interprétation du discours actuel de l’École, de l’École-sujet. L’acte que vous avez posé interprète le silence de notre École sur la formation de l’analyste, sur le comment ces Uns qui constituent l’École et toute la communauté des analysants, dans leur intime singularité, sont avant tout des analysants. La réponse a surgit tel un claquement sur ce fond de silence, saisissant tout le monde. Des dizaines et des dizaines de Uns, « tous analysants », l’ont ouverte, la bouche. Alors que notre École connaît soudain ce moment subjectif de passe, je me retrouve moi-même dans un moment de sidération, bouche bée. Quatrièmement. Un autre point m’est apparu lors de ces Journées de l’École et dans le Journal des Journées. Ce point me semble déterminant : le désir de passe dans le collectif est très vivant. Peut-être, comme nous l’avons entendu, n’y a-t-il pas eu beaucoup de demandes de passe ces derniers temps. Néanmoins, il me paraît clair comme de l’eau de roche que désir de passe est bien vivant. Un point de conclusion. Plus question pour moi maintenant de m’appuyer sur mon cas clinique pour avancer. C’est assez. Je prends donc l’initiative, après la soirée que j’ai organisée à l’École mardi dernier avec Antoni Vicens et Éric Laurent, d’organiser d’autres soirées cette année. Je vais inverser la vapeur. Je ferai ces soirées avec ces personnes qui ont ouvert la bouche lors de ces Journées et dans le Journal. Ces analysants qui ont formulé ces fines aspérités de leur analyse et qui nous éclaire sur la formation de l’analyste. Je voudrais m’orienter vers le Congrès de l’AMP. Je vais les inviter et j’apporterai mon grain de sel pour engager une conversation. Je vous en reparlerai certainement. J’ai retenu le local de l’ECF. Voici les dates : les mardis 12 janvier, 9 février, 9 mars et 13 avril. Je suis rentré tard à la maison. S'il n'est pas trop tard, j'aimerais que ces lignes soient publiées dans le Journal. Je vous en remercie. Cordialement. UN SÉSAME par Patrick Monribot Après un bref écho d’une expérience de passeur, les récentes contributions au présent débat sur la passe -notamment celle de Pierre-Gilles Guéguen (JJ, n° 69)- m’invitent à livrer un vignette sur l’angoisse du passant passé. Il s’agit d’une difficulté rencontrée au moment de ma nomination d’AE. Quand celle-ci fut annoncée, je n’ai pas plus dégringolé de ma chaise que je ne suis monté au lustre : j’ai été inquiet. Je m’attendais pourtant à ce verdict. Avant même le résultat de la procédure qui fit certitude, une sorte d’intuition s’était imposée. Sans doute avais-je été étonné et convaincu par ma propre démonstration, non par suffisance ni par auto suggestion. Cette intime conviction n’était pas le fruit du logocentrisme ayant permis d’organiser la fiction et la logique du témoignage mais le résultat inattendu d’un événement de corps survenu pendant une rencontre avec l’un des passeurs. Bref, à cause d’un réel du corps qui m’a surpris et ne m’a pas trompé – j’en ai témoigné en temps voulu. Pourtant, une fois confirmée la nomination, j’ai été rattrapé par un « manque-à-savoir » : pourquoi m’avaient-ils nommé ? Certains collègues ont voulu savoir pourquoi ils n’avaient pas été nommés. Paradoxalement, l’inverse s’est produit en ce qui me concerne : j’ai consulté soigneusement, un par un, les cinq membres du cartel pour obtenir raison de la nomination. Et j’ai obtenu cinq explications différentes, mais complémentaires… Cinq raisons qui m’ont permis d’éclairer la décision collective du cartel. Cela n’a pas suffit à résorber l’inquiétude. J’ai rencontré un psychanalyste – « le meilleur d’entre nous », comme dit Estela Solano (JJ n° 69) – à trois ou quatre reprises afin de m’aider à trouver le fil doctrinal qui me permettrait d’embrayer sur les trois années d’enseignement attendues d’un nouvel AE, au-delà de la simple fiction du témoignage - trois années redoutées. J’avais la clinique de ma cure dans la poche mais je cherchais anxieusement un fil rouge épistémique. L’analyste sollicité n’était mon analyste ; il n’était pas davantage membre du cartel qui m’avait nommé, mais il était par moi supposé savoir éclairer ma lanterne, et ce pour diverses raisons qui n’étaient pas étrangères à la fin de ma cure. De fait, il n’a rien déduit mais, à la façon de Socrate, il a créé les conditions de ma propre trouvaille. Je me souviens d’une parole extrêmement rassurante : « L’AE soutient son École, et l’École soutient ses AE. » J’ai pu apaiser une folle inquiétude et me lancer dans l’arène mensuelle de ce qui, à l’époque, s’appelait le « laboratoire des AE » avant de devenir la « soirée des AE ». J’ai ainsi trouvé une solution à la difficulté théorique qui excitait mon surmoi sur le mode « Vais-je y arriver ? » Épilogue. S’appuyer sur les membres du cartel qui nomme et sur un analyste (à la façon du « contrôle ») sont des pistes possibles pour ceux qui, fraîchement débarqués dans notre communauté de travail, hésiteraient à franchir le pas de la procédure au motif de n’être pas « savant assez ». Il s’agit de trouver un coup de pouce analytique qui soit un sésame. Question de pichenette. Le reste suit comme effet de nomination. C’est une autre façon de s’autoriser de soi-même et « de quelques autres ». * MOLIÈRE ET KAFKA par Rose-Marie Bognar Non dignus sum intrare, me disais-je, reprenant le Malade imaginaire, dans une idéalisation en effet imaginaire, et fantasmatique de la passe, ignorantus, ignoranta, ignorantum je suis. La passe m’apparaissait comme inaccessible, réservée à quelques élus, ce qui faisait pour moi exister l’Autre, même si c’était sans rapport avec la réalité de cette démarche. Ver de terre, étoile… Cela me mettait dans la position d’attendre que quelque chose vienne de cet Autre, sans y mettre du mien, comme le personnage de Kafka, évoqué par Dominique Chauvin. Celui-ci attend, assis sur son tabouret, jusqu’à ce que mort s’en suive, que le gardien de la grande porte, d’ailleurs ouverte, lui donne la permission d’entrer. Au moment où il va mourir le gardien lui dit : « Personne d’autre n’avait le droit d’entrer par ici, car cette porte t’était destinée, à toi seul. » Trop tard. C’est cette inertie que le vent des Journées est venu balayer. Ce ne sont pas seulement les états-majors qui ont été court-circuités, c’est la dimension de l’espace, avec la diffusion mondialisée du Journal, et celle du temps grâce à sa réception instantanée. Recevoir ainsi tous les jours une parole vivante produit des effets : nombreux sont ceux qui veulent maintenant reprendre leur bâton de pèlerin, témoigner. L’ampleur de ce mouvement évoque pour moi la phrase de Télévision : « ce qui ne constituera pas un progrès, si c’est seulement pour certains ». 2010 16 et 17 janvier : Conférence du Journal sur la passe (fermé) 23 et 24 janvier : Journées du RI 3 à Bordeaux 7 février : Forum des psys sur l’évaluation 11 avril : Forum des psys sur la justice 26-30 avril : Congrès de l’AMP 29 mai : Journée du Cereda 5 juin : Colloque du Cien à Nancy 26 et 27 juin : Journées de la NLS à Genève 10 et 11 juillet : Journées de l’Ecole à Rennes 9 et 10 octobre : Journées de l’Ecole à Paris http://www.causefreudienne.org/ ECF 1 rue Huysmans paris 6è Tél. + 33 (0) 1 45 49 02 68 |
| [ecf-messager] Journal des Journées N°71 avec un attaché |
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JOURNAL DES JOURNÉES le vendredi 11 décembre 2009, édition de 14h 36 N° 71 NA CONDIÇÃO DE AE par Sérgio Passos Ribeiro de CamposPrezado Cheguei, em 1990, à psicanálise lacaniana, através de meu analista Célio Garcia, quando um novo mundo se descortinou. O percurso de minha análise aconteceu de forma ininterrupta e assídua ao longo de dezenove anos. A partir de 1993, passei a participar dos eventos do Campo Freudiano, amealhando contribuições que foram decisivas para a minha formação. Fui fisgado pela causa analítica e acolhido pela EBP, mediante o passe de entrada, em 1998. Estou seguro de que a tese de Lacan sobre o Passe tem se confirmado como a pedra de toque para o futuro da psicanálise. Confiei no dispositivo do Passe, e agora, na condição de A.E., tentarei transmitir à comunidade analítica uma experiência que possa, quem sabe, servir aos novos tempos de uma Escola que se pretende, cada vez mais, estar na proa do mundo contemporâneo. Veremos o que há no devir da psicanálise. UNE NOUVELLE VENUE Clotilde Leguil, Questionnement naïf sur la passe * UN ANALYSTE DE L’ECOLE Antoni Vicens, L’AE et son témoignage * DIRE ET NE PAS DIRE Jacqueline Dhéret, Interpréter un silence Monique Amirault, Oser dire non Catherine Bonningue, Du « Jamais dit » Claude Quenardel, Yes, you can ! Eugenia Varela Navarro, Une École pour la psychanalyse * PROPOSITIONS Jean-Louis Woerlé, Cesser d’être passeur Dominique Jammet, Distinguer la passe et l’entrée * Anne Ganivet-Poumellec, La passe est increvable QUESTIONNEMENT NAÏF SUR LA PASSE par Clotilde Leguil Lorsque j’ai commencé à assister aux Journées de l’École de la Cause freudienne il y a quelques années, les témoignages de passe constituaient pour moi le point agalmatique des Journées. Rien à voir avec les cas cliniques. Quelque chose passait et se jouait là que l’on ne pouvait trouver nulle part ailleurs, ni dans d’autres écoles de psychanalyse, ni à l’Université évidemment, ni dans les colloques habituels. Cela ne ressemblait ni à une conférence, ni à une exposition classique de cas clinique. Il y avait pour moi quelque chose comme une beauté à la fois poétique et ontologique dans cette énonciation d’un sujet se retournant comme une dernière fois sur le parcours de son analyse avant de l’abandonner. Cela entrait dans nos oreilles et bien que tout ne soit pas toujours accessible à ceux qui n’ont pas fini leur analyse comme moi, insufflait une énergie, un désir, un élan. Les témoignages de passe avaient l’éclat d’un témoignage initiatique dans les siècles démocratiques, où règne le désenchantement issu des effets de la rationalisation technique. Comme l’avait une fois commenté Esthela Solano à partir du témoignage de Bernard Seynhaeve, c’est « l’effet de réduction » du parcours analytique à ce qu’il y aurait de plus élémentaire dans une cure, enfin atteint, enfin touché du doigt, qui transmet ce désir de rejoindre ce point. Alors, en lisant les témoignages de passe de Dominique Laurent, de Laure Naveau, en écoutant celui de Rose-Paule Vinciguerra, de Bernard Seynhaeve, je me sentais transportée et désireuse de pouvoir un jour dans mon analyse en arriver à un point de cet ordre. Mais je n’avais jamais pensé à tous ceux qui n’étaient pas nommés AE. Je pensais naïvement que tous ceux qui faisaient la passe étaient nommés Analyste de l’École, et surtout je ne savais pas qu’il y avait tant de refusés. Cela ne m’avait jamais traversé l’esprit n’en ayant jamais entendu parler, ne les ayant jamais, eux, entendu en parler, alors que je suivais les enseignements du Champ freudien depuis bientôt dix ans. C’est au cours d’une discussion avec Yves-Claude Stavy lors d’un cartel, que je réalise que ceux que j’ai entendu sont une toute petite minorité parmi tous ceux qui ont tenté la passe. Et puis je découvre dans le Journal des Journées tout un monde, le monde des passeurs qui ne savent pas comment être à la hauteur de la tâche, le monde des passants qui rentrent dans leur trou, le monde du silence car personne ne trouve à qui s’adresser pour saisir ce qui s’est passé, ce qui est mal passé, quels sont les motifs de la décision qui a été prise à leur sujet. La passe m’apparaît alors comme une procédure froide, anonyme, où je ne retrouve plus du tout ce que j’avais perçu dans les témoignages que j’avais entendus. Je me demande comment le désir qu’on éprouve pour la psychanalyse peut ne pas être mis en mal quand on fait la passe et qu’on est refusé, sans comprendre bien pourquoi. La passe ne pourrait-elle pas être l’occasion de rencontres plus franches et plus joyeuses entre ceux et celles qui y prennent part ? C’est peut-être un peu naïf comme questionnement, mais c’est celui d’une analysante qui découvre avec angoisse une dimension de la procédure de la passe (je trouve le mot de « procédure » un peu triste et kafkaïen, même si c’est celui de Lacan) qui me conduit, comme Catherine Lacaze-Paule, à me demander (pour d’autres raisons), mais pourquoi faire la passe ? L’AE ET SON TÉMOIGNAGE par Antoni Vicens Dans son intervention au Cinquième Congrès psychanalytique international (« Les chemins de la thérapie psychanalytique », 1919), Freud fait état de la demande formulée par quelqu’un d’une résolution de la cure par un exercice de synthèse, qui suivrait ce qui aurait été proprement une analyse. Freud répond pour avertir que « dans la vie psychique, nous faisons face à des aspirations soumises à une compulsion à unifier et réunir ». C’est donc l’inconscient qui unifie, qui synthétise. Ainsi, le travail d’un AE ne doit pas être celui de compacter ce que l’analyse a fait circuler comme discours pendant le travail analysant. L’AE doit résister à la synthèse, qui ne serait dans cette affaire qu’un recours à l’ignorance. Le discours du maître connecte ce que l’analyse sépare; le témoignage de l’AE est un recours – pas le seul – pour trouer l’École, c’est-à-dire pour défaire ce que le discours du maître massifie dans son intérieur. Avec le travail du témoignage, l’AE devient analysant de plein exercice ; analysant sans analyste, au risque de devenir un marteau sans maître. Mais l’École lui a fait confiance, parce qu’elle lui a supposé qu’il ne prendra pas cette forme de libre association comme une croyance à la libre pensée. L’École est aujourd’hui, par l’initiative prise par Jacques-Alain Miller avec la création des 38èmes Journées, dans un mouvement analysant. L’École est une école d’analysants, mais pas pour autant sujets d’une parole irresponsable ; ils le sont d’une parole dont on ne craint pas la réponse, qui viendra, ainsi que l’enseigne le discours psychanalytique, du réel. Dans ce contexte, le témoignage de l’AE vaut comme une parole analysante qui n’a pas le filet de protection de l’Autre supposé au langage. Si l’École dit « tous analysants », les AE le sont, non pas en rapport à un manque particulier, mais ils le sont face au trou du langage. Ce n’est pas le groupe qui répond alors à cette parole. C’est l’École qui répond, mais dans la mesure où cette École se distingue justement du groupe. Cette réponse est diversement audible. Mais en tout cas, c’est à l’AE d’écouter cette réponse, et de réagir par une interprétation. Évidemment cette interprétation n’est pas oraculaire, elle n’est pas donneuse de sens. La présence même de l’AE, ou son absence, interprète déjà, pour séparer les S1 du savoir constitué. Un amour du savoir constituant mobilise l’AE, cet amour qui reconnaît la solitude qui le fonde, comme le vrai amour se fonde sur la séparation d’avec le partenaire. Voyez cette pratique troubadouresque qui consiste à nourrir l’amour avec la distance de l’objet aimé. Par là, l’AE est seul, mais cette solitude l’est d’un instant, comme un soupir. Bernard Seynhaeve disait mardi soir à l’ECF que la solitude de l’AE est celle de l’Un tout seul, branché au réel. Mais le réel répond ; ceci est un enseignement de Lacan, tiré de la logique de la psychose, que l’on doit appliquer à l’inconscient. C’est ce que comporte, me semble-t-il, ce que nous appelons, après Jacques-Alain Miller, l’inconscient réel. Autre chose serait l’ennui (qui est une mauvaise lecture de l’unien, enseigne Lacan). L’ennui du psychanalyste vient quand personne n’écoute la réponse de l’École. Pris dans ce mouvement, le témoignage de l’AE montre la dignité de la position d’analysant, contre la matérialisation technique de la connaissance que pratique le cognitivisme, bras mental – comme on dit « bras séculier » – du maître sourd et aveugle de notre temps. L’amour n’est pas une cognition; comme la mort ne l’est pas non plus. Et cette forclusion a les plus lourdes conséquences dans le malaise de notre civilisation. Par son travail de témoignage, par son transfert à l’École, l’AE montre ce qu’est la pensée de la libre association après l’expérience d’une analyse. L’intime et l’extérieur sont en continuité. Il s’agit de lui donner une forme au service du discours. Le témoignage, c’est la continuation de l’analyse par d’autres moyens, lorsqu’il n’y a pas d’analyste. Il prend souvent le style de la mise en forme de restes, avec l’intention de les transformer en appât pour de nouveaux transferts. Avec la conviction que le renouvellement du transfert vient désormais, non pas de la prestance du psychanalyste ou de l’inflation de son savoir, mais du fait qu’il « sait être un rebut ». Il sait qu’il l’est, et partant il n’a pas la fausse pudeur de la normalité. INTERPRÉTER UN SILENCE par Jacqueline Dhéret Le pari de la psychanalyse implique qu’une silencieuse réitération vibre au-delà de la mortification introduite par le signifiant. C’est ce que l’analyste accueille en s’y apparentant. L’analysant s’en instruit, mais le symbolique inclut une limite qui ne traite pas de la béance que la morsure du signifiant a introduite et de la pulsion qui y insiste. De fait, l’analyse, dans son parcours, ébranle ce qui dans la langue a fait injonction, ce qui n’est jamais entré dans le langage. La passe vérifie la proposition si simple de Lacan : l’analyste est le résultat d’une psychanalyse. Elle dit à l’analysant de ce qu’il en a fait ; elle l’avertit aussi de ce qu’il y a d’originales façons de faire avec ces marques, ces dépôts, que la langue a déposés en elle ou en lui. Usages propres à un sujet de la langue, capables de drainer une satisfaction et qui ouvrent paradoxalement à des effets d’équivoques qui peuvent se partager. Avec Lacan, nous nous éloignons de la métaphore freudienne des traces qui décident de la répétition dont jouit le symptôme. Ce n’est pas un mince sacrifice de se séparer de la croyance en l’inconscient ! Et l’affect qui en répond, plutôt dépressif, est au rendez-vous. Pourtant, on obtient alors, non pas une imitation sans vie, mais une imperceptible mutation qui rend possible la jouissance. La passe est un effort d’adhésion à cette simplicité qui ne porte pas sur un énoncé, mais sur ce qui a fait trace indélébile pour un sujet. En prendre acte, permet de participer de façon vivante à ce qui a lieu dans la communauté. L’École aime bien ses AE, mais le premier enthousiasme nous masque qu’il est le résultat d’un rejet, celui du savoir. Plutôt sicut palea, qu’agalma. La passe comme l’analyse est un symptôme qui génère une façon inédite de faire avec un point d’impossible. Cela implique pour l’AE de passer rapidement du temps un de la passe, celui du témoignage, à la passe deux et trois ; de s’adresser aux analysants, nombreux dans l’École et au-delà pour que se transmette le discours analytique de la seule façon qui vaille : chacune, chacun, avec son style propre. Nous sortons, grâce aux Journées, d’un discours silencieux, qui chuchotait : la passe c’est dépassé, ou c’est du passé. Transmettre la psychanalyse ne signifie pas dire des choses extraordinaires quoique toujours inhabituelles, mais de soutenir une énonciation qui fait passer l’incongru du discours analytique. On n’en a jamais fini avec ça. Réjouissons-nous de ce que cela vienne au jour dans l’École et du rude travail qui nous attend encore ! OSER DIRE NON par Monique Amirault J’ai attendu la dernière limite, au seuil de la deadline, pour oser dire quelque chose sur ma passe, ce que je n’ai pas intégré dans mon témoignage des Journées. Ce n’était pas nécessaire. J’ai fait la passe dans l’enthousiasme (eh oui, j’ai l’enthousiasme chevillé au corps !) d’un moment qui, huit ans après la fin de mon analyse, fut l’occasion d’extraire, de mettre à jour et de reconfigurer un mode de jouir permettant de repérer dans l’après-coup ce qui avait été absent de ma première fin d’analyse. En un tempo fulgurant, huit années plus tard, s’est conclu un parcours analytique éclairant de ce que pouvait être une fin d’analyse orientée par le réel et débouchant sur une identification au sinthome qui ne soit pas un vain mot. À cette fin, s’est nouée la nécessité de transmettre cette modalité d’effectuation qui me semblait peu commune et m’avait prise par surprise. Ce fut un flop total. Le cartel a très vite conclu et sans hésitation semble-t-il. Ma tendance naturelle à la soumission ne m’empêcha pas de souhaiter rencontrer les membres du cartel. Le plus-un accepta mais ne fut que silence. D’autres membres ne souhaitèrent pas s’exprimer. J’eus le sentiment de mettre en défaut le travail du cartel par une curiosité malvenue à vouloir comprendre. Je m’entendis dire au téléphone « mais ce n’est pas ça une analyse ! » J’en restais un peu estomaquée, mais ceci ne dura pas. Réflexion faite, se confirma l’intime conviction que pour moi, c’était bien ça et j’osai, en mon fort intérieur, dire non à ce jugement étonnant. Je continue pour autant à respecter le travail de ces collègues que j’estime, des cartels de la passe et des passeurs, ayant touché du doigt le malentendu et le réel auxquels ils ont à faire et auxquels j’ai eu à faire avec eux. Si jusqu’ici, dans le débat sur la passe, je me suis tue, je l’ai suivi cependant avec une grande attention et me réjouis de cette refondation annoncée. DU « JAMAIS DIT » par Catherine Bonningue À quelques heures de la date limite du 10 décembre 20 h, vais-je enfin aller jusqu’au bout d’envoyer pour le JJ ce texte cent fois remanié sur la passe ? Réponse à 20 h ce soir. La décision de dire enfin ce que je n’ai jamais dit à personne sur la fin (ou terme) de mon analyse va peut-être l’emporter sur la valse-hésitation précédente, qui ne fut pourtant pas sans apporter ses fruits d’élaborations/réélaborations à un texte pas envoyé. C’est qu’il y a eu jusqu’à aujourd’hui quelque chose d’indicible, en tout cas pour moi, dans la fin de mon analyse. Jamais dit à mon analyste, jamais dit aux passeurs, pas dit non plus dans les deux textes qui concernent la fin de mon analyse, et jamais dit à qui que ce soit. J’en ai dit des bouts, des bribes, oui. Mais les réponses m’ont tellement agacée que je me suis tue très vite. Que dire donc maintenant de cet indicible ? J’ai changé d’analyste contrainte et forcée, après une interruption de presque trois ans. Je n’avais pas l’idée dans ma première analyse que j’aurais à congédier mon analyste (pour cause d’infidélité à Lacan), dans la mesure où, entre autres, j’avais l’idée que je ferai, moi, une analyse fulgurante. Cela ira vite pour moi, c’est sûr, me disais-je à l’époque. J’avais vingt ans ! Quand j’en repris une autre, avec le fidèle des fidèles à Lacan – voulais-je –, ça serait cette fois pour aller jusqu’au bout. Cet analyste militait pour la fin de l’analyse. Eh bien, j’interrompis sur tout sauf un « aller jusqu’au bout », en tout cas tel que je me le représentais. Je congédiais mon analyste, après l’avoir supporté si longtemps. Ce fut un acte irréversible. Il le contesta et l’approuva en même temps. Ne lui avais-je pas dit d’ailleurs que je le trouvais parfois incohérent dans son enseignement. Il était d’accord ! Cohérent pour l’auditrice, mais incohérent pour l’analysante. Pendant quelques années (ou peut-être quelques mois), au début, je vécus une lune de miel. J’eus le grand tort de le lui signaler (il devait dormir un peu à l’époque et être pris aussi lui-même dans cet « on s’entend tellement bien » que je vivais). Il rectifia immédiatement le tir, et ce fut désormais un chemin de croix où, si ce n’est à chaque séance, au moins souvent, je devais traîner derrière moi le lourd boulet qui me retenait lorsque je marchais vers lui. J’y allais tout de même. Puis, un jour, alors qu’il n’arrêtait plus depuis peu de quitter son fauteuil d’analyste (alors que j’avais quitté la précédente analyste justement à cause de ça), je ne revins plus. Il avait fait un acting out absolu, me semblait-il, en introduisant un élément hétérogène inassimilable symboliquement, qui me renvoyait à un impossible-à-dire. J’étais éjectée à tout jamais de ma place d’analysante, de façon radicale. Ni lui, ni aucun autre analyste ne put pour moi réoccuper cette place. Il eut le culot de me dire que je m’identifiais à lui (dans sa propre fin d’analyse, je suppose). Mais non ! Et il s’en rendit bien compte. Quelque chose de plus complexe lui échappait. Il essaya ensuite dans nos diverses rencontres quelques interprétations imaginaires. Toujours ratées, je me disais, même si je m’efforçais d’en faire quelque chose. Une contre-analyse, sans doute. Pour une des dernières, je lui envoyais même un mail pour le remercier : merci pour ce que vous m’avez dit mercredi. Fumisterie de ma part, oui ! Il n’y eut qu’une seule interprétation de lui qui vaille dans toute mon analyse, ce fut la coupure de la séance. Quand il n’y avait pas eu quelque scansion, ponctuation signifiante, apportant sa satisfaction symbolique, chaque fin de séance était une déchirure, un abîme ouvert vers le désespoir, la déréliction. Jusqu’au jour où j’eus la force, le cran, sans préméditation aucune – ce fut soudain, je lâchais tout, tout d’un coup –, de faire de cette coupure-là un final. Ce qui me précipitait du côté du désir. La psychanalyse über alles. Depuis, je me suis souvent posé la question de reprendre. Avec lui ? Impossible ! Avec un(e) autre ? Je ne pourrai pas. Cette fin-là, c’est un diamant. Un ininterprétable autour duquel un travail psychanalytique peut se poursuivre, autrement. Ce qui m’a fait sans doute rater la passe. Je continue à traîner le poids de ce que je suis, de ma misère. Pas de gloire d’être AE, pas de « renommée ». Je ne suis que ce que je suis. Il m’a fallu quinze ans pour faire quelque chose de l’élément hétérogène inassimilable introduit par mon deuxième analyste, et qui est tout simplement de le dissoudre dans un mathème de Lacan. (Cf. mon intervention aux Journées.) Voilà. Eh bien, je n’ai rien retenu de tout ce que j’avais écrit auparavant et je mets ce texte dans ma boîte d’envoi. Je n’aurais donc rien apporté sur la question de la passe pour le débat. YES, YOU CAN ! par Claude Quenardel Le savoir de la passe est à extraire dans son analyse. Rentrer dans le dispositif de la passe, c’est consentir à débusquer, bousculer son mode de jouir, et pouvoir le mettre en jeu dans son rapport à la psychanalyse. Voilà ce qui contribue, me semble-t-il, à maintenir vivant le dispositif de la passe. J’ai participé à la procédure de la passe dans trois fonctions : passant, passeur, membre du cartel de la passe. Trois moments où la jouissance de la privation a été touchée puis remise en cause dans mon analyse. J’étais soutenue par l’acte inaugural de mon analyste : « Vous pouvez… » 1- D’abord 1991, je me suis lancée dans la passe au moment où c’était « La voie royale » pour entrer à l’École. Après mon témoignage, le plus un du cartel de l’époque m’encouragea vivement à écrire au président de l’École pour demander à être membre mais cette lettre est restée sans réponse. J’appris quelques années plus tard qu’elle n’était jamais parvenue au destinataire. Lettre morte donc, laissant un trou que très vite je recouvris de mon symptôme « pas capable » . 2- Dans un deuxième temps, 1994 alors que dans mon analyse, une sorte d’évidement du trou se produisait, j’ appris par un passant que mon nom était sorti du chapeau des passeurs. Cette désignation faisait la preuve de ma capacité à faire ce qui me paraissait jusqu’alors impossible. À la première transmission j’avais l’idée que pour prendre ma place de passeur, il me fallait transmettre à un jury plutôt froid et silencieux, tout le bavardage imaginaire foisonnant de la passante qui m’avait submergée de détails. En même temps que je déballais cet interminable témoignage, celui-ci devenait totalement inconsistant. J’en suis sortie abattue, considérant que je n’étais « pas capable » de dégager les points cruciaux. « Ça vous épate ! », fut la seule réponse d’un des membres du cartel lorsqu’il me raccompagna vers la sortie après cette transmission désastreuse. Ce fut comme un éclair, j’ en suis restée toute ébahie, étonnée, stupéfaite. Mais il fallut un long moment d’analyse pour saisir que j’avais pris à ma charge la défaillance de la passante qui n’avait pas su transmettre les points vifs de son analyse. Cela m’avait permis d’alimenter mon symptôme et de me loger à nouveau à cette place de « sacrifiée au champ de la passe » ! C’est seulement deux ans plus tard que j’ai été réhabilitée à cette fonction de passeur. Cette fois, j’ai pu me décoller de mon symptôme et soutenir, porter, voire relancer ce qui, au delà de l’histoire personnelle de chacun, pouvait se dégager d’une cure : essayer de faire « cracher le morceau » à l’un ou border, retenir le trop d’enthousiasme que certains pouvaient attendre d’une nomination sans pour autant les décourager sur leur désir d’être entendu du cartel. Lors de mes rencontres avec chacun des cartels, un travail s’élaborait grâce à leurs questions précises, pertinentes. Je me laissais traverser par un savoir que je déposais sans ambages, avec même une certaine audace qui m’épatait : « Vous pouvez » continuait son parcours de libération de savoir, d’engagement , de consentement à mettre en jeu dans le dispositif de la passe ma propre ignorance. C’est sur cette lancée que j’ai refait ma demande d’entrée à l’École. La lettre enfin est arrivée à destination. 3- Enfin j’ai eu la chance de faire partie d’un cartel de la passe en tant que passeur. Il y avait, dans ce cartel, une liberté de parole et une mise au travail rigoureuse et stimulante. J’avais à nouveau du mal à trouver une légitimité à être dans ce lieu. Je me sentais comme une élève en quête de savoir : comment finir une analyse et comment on devient analyste. Pour être efficace dans le dispositif de la passe, il ne s’agit pas d’enseignement, de conseils mais de dis-position : dis- indiquant la séparation, la différence, le cernage du défaut qui alimentait ma position de jouissance et qui me ramenait à chaque fois à mon analyse . C’était comme un examen de passage qui m’indiquait que ça ne passait pas bien encore. Cette position d’analysant doit se retrouver à toutes les places du dispositif de la passe. Il s’agit en effet d’en savoir un bout sur comment la jouissance est interpellée par ce qui se dit tout au long d’un témoignage. UNE ÉCOLE POUR LA PSYCHANALYSE par Eugenia Varela Navarro « L’style est l’homme à qui je m’adresse » Un résumé de ce que fût ma place dans l’ECF : neuf années se sont écoulées pour que je sois admise en tant qu’analyste praticien, AP, cinq lettres de demande d’entrée à l’ECF sont parties vers une boîte aux lettres et un passage par la procédure de la passe. La boîte aux lettres n’était pas une boîte vide car on attendait l’analyste nouveau, le AE nouveau ; je n’ai eu de réponse pour ma demande d’entrée à l’École que l’année dernière. Quand j’ai demandé au Secrétaire de la passe que je voulais rencontrer le cartel pour savoir le pourquoi de sa réponse, on m’a répondu : « Non, ça ne se fait pas ». Le réponse négative du cartel « qui n’a pas trouvé une nomination » m’a été très utile : un nouveau tour à faire dans mon analyse pour parler de cette expérience et reprendre mon analyse où j’ai trouvé une réduction minimaliste de mon sinthome et un analyste qui n’a pas manqué de provoquer cette fin. Le Séminaire sur l’Inconscient Histoire et l’Inconscient Réel fût pour moi la réponse de mon analyste à ce que j’ai dit de la passe. Je suis membre de l’AMP depuis 1994 et j’ai continué à y être membre analyste praticien pour mes collègues de l’AMP, même si je n’avais plus une École, car je suis à Paris depuis 1999. Je suis rentrée à l’AMP parce que j’étais membre de l’École du Champ freudien de Caracas et que j’avais participé à la création de l’Association du Champ freudien de Colombie et du Collègue de psychanalyse de Colombie où une génération d’analystes s’est formée. J’ai crée l’Institut Agalma lié à l’Institut du Champ freudien de Paris, Institut de recherche sur le séminaire de l’Orientation lacanienne pour les chercheurs de divers disciplines qui voulaient se former à l’enseignement de Lacan, Mathématiciens, historiens, architectes, historiens d’Art, commissaires des Musées et des galeries d’Art, écrivains. L’acceptation de ma qualité de membre a dû se faire par homologation comme il est de règle dans les Écoles de l’AMP. On lira le texte in extenso dans le document en attaché. CESSER D’ÊTRE PASSEUR par Jean-Louis Woerlé Si les dernières Journées de l’ECF ont été enthousiasmantes, la levée de l’interdit de parler de soi en constitue sans aucun doute un des éléments majeurs. Mais une petite déception se fit jour : le thème des Journées n’était pas toujours nettement évoqué. Rennes en sera la suite logique. Entre les deux se place la question de la procédure de la passe dans notre École. J’ai hésité à écrire les quelques mots qui vont suivre dans la mesure où les textes provenaient presque tous d’ex : passeurs, passants ou AE. Or, je fonctionne encore comme passeur et j’ai encore « sur le feu » une passe à transmettre, car la question de la passe est toujours brûlante surtout lorsqu’il s’agit des passeurs. J’émets le souhait que ce débat n’amène pas à une conclusion du type « voici le passeur que souhaite l’École ». Cela entraînerait de fait le formatage mais également le professionnalisme. S’il est craint, à juste titre, chez les passeurs, le cartel n’en est pas non plus préservé. La désignation des passeurs, ou plutôt la façon dont chacun l’apprend est diverse : soit l’analyste annonce qu’il a proposé l’analysant comme passeur, soit il l’apprend par un appel du Secrétariat de la passe : « X va vous téléphoner pour sa passe ». Cela vous tombe dessus. Une question m’était immédiatement venue : « Qu’est-ce qui dans mon parcours a fait prendre cette décision à mon analyste ? » C’est un acte de l’analyste. En tant que tel il a rapport à un moment de la cure et devrait, à mon avis, être énoncé par l’analyste. Immédiatement après vient le « comment faire ? ». J’étais sans bagage, néanmoins accompagné d’une légère excitation. J’allais être au plus près de ce qui constituait pour moi l’incessante question de Lacan « comment devient-on psychanalyste ? », question sans laquelle il n’y a pas d’École. Hélène Bonnaud (JJ n°62) a opposé deux passes, suivant en cela l’enseignement de Lacan et de jAM : - celle de l’inconscient comme savoir, de l’inconscient transférentiel qui amèneraient immédiatement les questions du transfert, de la destitution subjective, de la chute du sujet supposé savoir, de la traversée du fantasme et de ses effets ; - à celle de l’inconscient comme jouissance, de l’inconscient réel qui a avec lui aussi son lot de questions concernant le mode de jouir et le sinthome ; - sans oublier la question cruciale du passage de l’analysant à l’analyste et du désir de l’analyste. Cette question, posée à chaque passant, les a souvent surpris. Les deux passes se conjoignent pour ce qu’il en est de l’AE actuel. La première passe a systématiquement été évoquée par les passants. La seconde moins et c’est là qu’est intervenu un moment particulier pour moi : être passeur peut avoir des effets subjectifs. Il s’agit d’un passant récemment nommé AE. Le cartel avait demandé que les passeurs le revoient. Au moment où je fais part des réponses du passant, le plus-un insiste : « Mais il va mieux ». Les effets sur les symptômes sont manifestes chez tous les passants. Mais là je disais : « C’est indéniable, il va mieux mais. » C’était quoi ce « mais » ? Je bredouillais et je rattachais ce « mais » au passage de l’analysant à l’analyste, sans pouvoir sur le coup en dire davantage. Il m’est apparu rapidement par la suite que ce « mais » était un reste, « nouvelle alliance que le sujet peut faire avec sa jouissance », articulée, et pourtant non-articulable, avec le désir de l’analyste. Je viens de recevoir de la dernière passante ces quelques mots : « J’ai rencontré un passeur questionnant ! Je vous en remercie. » A de nombreuses reprises a été évoquée l’importance de la prise de notes. A surgi alors « Que les passeurs fassent entendre une voix ! » d’Esthela Solano Suarez (JJ, n° 60) Il y a effectivement beaucoup de notes. Pour ma part, je notais avec une attention particulière les rêves de fin de cure et l’interprétation qui en était donnée par le passant. Mais c’est oublier les interventions du passeur lui-même, ses multiples questions sur des détails ou les questions cruciales, amenant parfois des « Je n’y avais pas pensé » ou mettant fin à un témoignage. Alors commence un immense travail de mise en ordre, je dirais plutôt d’articulation logique, ainsi que de réduction visant à faire saillir davantage les lignes de force du témoignage. Mais ce texte réduit est encore long. Je fais une proposition que pourrait faire d’emblée le cartel au passeur : « Dites-nous en cinq-dix minutes, sans notes, ce que vous avez saisi. » Cela suppose que le cartel n’interrompe pas par ses questions ce que le passeur tente de transmettre. Ce temps premier permettrait que le plus vif soit déposé. L’écrit pourrait servir uniquement pour les précieux détails que le cartel ne manquerait pas de vouloir cerner. Et j’émets un souhait : que le temps entre le témoignage et la transmission soit réduit afin que le passeur ne se retrouve pas avec plusieurs passes en même temps. C’est ce qui m’a poussé à écrire au secrétariat de la passe afin de ne plus fonctionner comme passeur. Cette expérience a, en tous les cas, suscité un nouvel élan. DISTINGUER LA PASSE ET L’ENTRÉE par Dominique Jammet En 2007, un franchissement dans ma cure, enthousiasmant, me poussait à demander mon entrée à l’École. J’en parlais à mon analyste et aussi en contrôle, je fus encouragée. C’est alors que je décidai d’écrire ma lettre à la présidente de l’École pour demander d’entrer dans le dispositif de la passe. Je ne me sentais pas capable d’être AE, dans le sens de faire un enseignement de mon expérience analytique. Mais je n’arrivais pas à me résoudre à faire état de titres et travaux. Ce qui me lançait dans cette démarche ne relevait, à mes yeux que de la cure et je voulais en témoigner. C’est risqué, me disais-je, mais j’avais confiance dans le fait que j’y apprendrai quelque chose. Je dus donc attendre un an pour recevoir une réponse du secrétariat de la passe et rencontrer un de ses membres. Il y a eu trois entretiens, longs, au cours desquels ma demande fut questionnée précisément. La psychanalyste qui m’a reçue m’a posé une question toute simple, évidente une fois dite, mais que je ne m’étais jamais posée, et qui a mis en résonance des éléments de la cure que je croyais résolus. Progressivement j’ai pu séparer deux demandes, celle de devenir membre de l’École et celle de faire la passe. Pour la première j’étais prête, et je fus encouragée à poser ma candidature rapidement. Pour la passe, non, pas encore. Ces trois entretiens ont eu l’effet de me permettre d’entrer à l’École avec joie, d’accepter les responsabilités que l’on m’a proposées. Quelque chose de mon témoignage de cure avait été entendu, restait à conclure ma cure. * LA PASSE EST INCREVABLE par Anne Ganivet-Poumellec Cher Jacques-Alain Miller, A l’instant même où, bâillonnée, enfermée, au secret, la Passe succombait dans les oubliettes d’une ECF qui ne savait pas qu’au nom de l’utilité elle commettait un crime de jouissance, elle réapparu au grand jour, nimbée d’or. “Tout le monde est fou” fut son nom en automne 2007 où vous la fîtes vôtre, votre passe ! De cette place, elle rit en nous regardant chercher dans la pénombre : ouvrant la boîte aux lettres, secouant un dernier rapport collégial - non, décidément le tombeau est vide. La passe est increvable, Jacques-Alain Miller, parce que vous l’avez abritée, sustentée de votre propre cas, et reçue comme elle le mérite. Vous la confierez de nouveau à d’autres lorsque vous vous serez assuré qu’ils seront redevenus suffisamment délicats, attentionnés, humbles à son enseignement. débat sur la passe Le Journal publiera dans ses prochains numéros : Ahmed Degachi, Anne Lysy-Stevens, Bernard Seynhaeve, Christiane Alberti, Christine Maugin, Dominique Holvoet, Estela Paskvan, Francesca Biagi, Hélène Parvillé, Laure Naveau, Lilia Mahjoub, Marie-Hélène Brousse, Martine Comandi, Nathalie Georges, Nathalie Jaudel, Patrick Monribot, Philippe Benichou, Philippe Chanjou, Philippe La Sagna, Philippe Stasse, Rose-Marie Bognar, Rose-Paule Vinciguerra, Serge Cottet, Sylvie Pujol-Dulucq, et Vassiliki Gregoropoulou Cette liste est maintenant close vers Rennes 2010 invitation par Monique Amirault Bien sûr, dans l’ouest, ils ne manquent pas ceux qui, à l’instar d’Alain Prost, pourraient venir témoigner, au cours de nos Journées, d’un désir efficace et du rapport à l’inconscient qui l’a produit. Mais peut-être quelqu’un connaît-il Michel Mousseau, compositeur, et Jean-Pierre Laroche, metteur en scène scénographe, qui viennent de faire sortir de l’oubli Oskar Panizza, avec la création mondiale par Angers-Nantes Opéra, en novembre dernier, d’un opéra pour voix, instruments, marionnettes et machinerie, mettant en scène « Le concile d’amour, tragédie céleste » 1 Ce texte, publié en 1895 fut confisqué pour immoralité et valut à son auteur un an de prison. Oskar Panizza assura lui-même sa défense dans une remarquable plaidoirie, très argumentée, pour la liberté d’expression de l’écrivain. Le traitement dont furent l’objet les écrits de Panizza alimentèrent une folie non dénuée de courage qui le conduisit d’expulsion en exil et retour, jusqu’à ce que, lucide sur sa folie, il demande lui-même son internement dans un hôpital, près de Bayreuth. Sans que se tarisse sa production littéraire, il y demeura une quinzaine d’années avant d’y mourir en 1921, à l’âge de soixante-huit ans. La verve, la dérision et le style d’Oskar Panizza réjouirent les surréalistes, tout particulièrement André Breton qui le surnomma « le scorpion du calice ». Abandonnant très vite la psychiatrie pour l’écriture, Oskar Panizza s’engagea dans une dénonciation ironique et décapante des semblants de la religion et des autorités d’une Allemagne impériale moralisatrice. Il sut se servir avec génie du savoir acquis à l’asile et des textes comme « Génie et folie » ou « Psychopathia criminalis » qui pourraient aujourd’hui faire partie des saines lectures de base pour ceux à qui la tâche échoit de légiférer sur la déviance et la santé mentale. Il serait intéressant de savoir si quelqu’un parmi nous connaît Michel Mousseau et Jean-pierre Laroche et s’il conviendrait de les solliciter pour nous entretenir du choix qu’ils ont fait du « Concile d’amour », œuvre maudite et restée vive malgré la malédiction qui a longtemps pesé sur elle. 1 Oskar Panizza, Le concile d’amour, une tragédie céleste en cinq actes suivie de son dossier de censure, Agone, éditions cent pages, 2008, préface d’André Breton à la première édition en français, 1964. Rubriques du blog http://rennes2010.wordpress. Des Journées d’automne aux Journées de Rennes Le courrier de Rennes Orientation Titres des Journées Rennes Université Organigramme Infos pratiques N’hésitez pas à commenter les textes déjà publiés Annonce Nous attendons vos contributions pour le blog des Journées de Rennes : réactions, suggestions diverses, réflexions sur l’orientation de ces prochaines Journées, notamment quant au débat sur la passe. Tout format, tout style. http://rennes2010.wordpress. Vos textes sont à adresser à Caroline Pauthe-Leduc (caro.pauthe.leduc@gmail ) et Sophie Marret (sophie.marret@wanadoo.fr ) Pour la rubrique des Journées de Rennes du JJ, les textes (au format défini par Jacques-Alain Miller de 4500 signes maximum) sont à adresser à Jacques-Alain Miller (ja.miller@orange.fr ), ainsi qu’en copie à Sophie Marret et Caroline Pauthe-Leduc. 2010 16 et 17 janvier : Conférence du Journal sur la passe (fermé) 23 et 24 janvier : Journées du RI 3 à Bordeaux 7 février : Forum des psys sur l’évaluation 11 avril : Forum des psys sur la justice 26-30 avril : Congrès de l’AMP 29 mai : Journée du Cereda 5 juin : Colloque du Cien à Nancy 26 et 27 juin : Journées de la NLS à Genève 10 et 11 juillet : Journées de l’Ecole à Rennes 9 et 10 octobre : Journées de l’Ecole à Paris http://www.causefreudienne.org/ ECF 1 rue Huysmans paris 6è Tél. + 33 (0) 1 45 49 02 68 |
| EOL - POSTAL - Prensa FLASH |
| Posteado por Camila Candioti a viernes, diciembre 11, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
PRENSA flash Judith Miller en El Argentino.com VEINTITRÉS • JUEVES 10 DE DICIEMBRE DE 2009 EL PSICOANÁLISIS HOY, SEGÚN JUDITH MILLER En el nombre del padre La hija de Jacques Lacan habla de las modas y los modos de diagnosticar, de la tendencia a medicar a los niños y de los límites entre lo público y lo privado. Y de sus diferencias con Anna Freud.
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| 10 diciembre, 2009 |
| [ecf-messager] Journal des Journées N°70 |
| Posteado por Blog amp a jueves, diciembre 10, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
JOURNAL DES JOURNÉES le jeudi 10 décembre 2009, édition de 16h 24 N° 70 PASSE STRANIERA par Sergio Caretto Ancora una volta, in atto, ho potuto fare esperienza dell’esistenza della Scuola e di quanto questa sia indisgiungibile dalla formazione dell’analista. Direi che la mia passe è stata una passe straniera. Straniera per via della lingua utilizzata, il francese, lingua che amo ma della quale conosco pochi vocaboli (peraltro i passeurs non parlavano italiano). Straniera per la sorpresa di un più di sapere che si avverava per me nell’atto stesso della testimonianza e che, al di là dell’esito della passe, mai sarebbe potuto venire alla luce senza questa esperienza. In fondo, straniera, come è sempre stato per me il rapporto con la causa analitica nel suo cuore più intimo. Straniera come è lalingua. La mia analisi, dall’inizio al suo termine, non avrebbe potuto svolgersi senza la Scuola e dal rapporto che con essa intrattiene colei che si è prestata ad essere la mia analista. Trovo importante constatare come la passe consenta a ciascuno e alla Scuola nel suo insieme, di parlare, fino al punto di arrivare a dire il rapporto singolare che ciascuno intrattiene con la causa analitica. Quando questo accade la Scuola stessa diviene soggetto che prende parola, rivelandoci le sue impasse e offrendoci la possibilità di fare con queste e di rinnovare, a tempo col nostro tempo, il compito che è chiamata a svolgere: la formazione dello psicoanalista e la trasmissione della psicoanalisi. Oggi come ieri, tale compito resta per me un enigma che mi appassiona e che tiene vivo il mio desiderio per la causa analitica, causa alla quale sono debitore. L’indicazione datami dal cartello della passe è di lavorare, come AE, sulla posizione dell’analista nell’avvenire. Effettivamente la psicoanalisi è psicoanalisi là dove è a-venire. Nella Scuola come in un’analisi, occorre dunque arrivare a ritagliare l’a, affinchè del nuovo avvenga e orienti l’avvenire. DOS EFECTOS INMEDIATOS DE UNA NOMINACIÓN par Gustavo Stiglitz Pocas horas después de recibir la comunicación de mi nominación como AE, me dirigía a la EOL para un seminario que dicto conjuntamente con tres colegas. A punto de llegar me encontré desorientado, había pasado literalmente de la puerta de la Escuela. Afortunadamente encontré rapidamente la entrada que buscaba. Esa misma noche un sueño sin angustia: una comida con colegas en el campo (argentino y Freudiano). No puedo establecer una conversación más allá de unas pocas palabras y me encuentro atendiendo a los movimientos de un amigo, ex AE. “¿Qué hace un AE en estas circunstancias?”, era la pregunta del sueño. Al despertar ya estoy pensando en esta, mi primera intervención en JJ. Dos efectos inconscientes que no llaman a la interpretación, dicen de la renovación del lazo con el Otro Escuela, tras el franqueamiento que es el pase. Dos efectos que se inscriben en la línea del debate actual sobre el pase: otro criterio de perfección, a la medida de cada uno y no tan separado del trabajo analizante. ¿Qué empuja a un analizante a hacer el pase?1 En ocasiones un puro deseo de transmitir la experiencia y el punto de salida, en mi caso se agrega el work in progress sobre el síntoma-sinthome y los efectos sobre el cuerpo. Esto más que una respuesta, es un “ponte al debate!” 1. Elisabeth Leclerc-Razavet, JJ 68. Sophie Gayard, Les dits et le dire * LE COURAGE DE DIRE Jean-François Cottes, « Mapasse » Marie-José Asnoun, La passe, de la Haute couture Jeanne Joucla, À propos du courage du psychanalyste * RESPONSABLES Jean-Daniel Matet, La passe, météo de l’École Dominique Laurent, Nommer (a) ? Jean-Claude Razavet, Débat au Collège de la passe Nassia Linardou, Pour la passe à la NLS * NOUVELLES VENUES Fouzia Liget, La Naissance du désir de passe Solenne Albert, L’Envers du parcours * UNE SOIRÉ DES AE Patrick Lambouley, Ce soir, soirée des AE à l’École Pierre-Gilles Guéguen, Les Superego des Super-AE Pascale Fari, De la nature du jetable… * Éric Laurent, La Passe-désir ______________________________ DOCUMENTS Yasmine Grasser, Statistiques ______________________________ LETTRES ET MESSAGES Éric Laurent, The See Through Government Daniel Roy, Traitement par l’urgence * COURRIER DE RENNES LES DITS ET LE DIRE par Sophie Gayard Témoignages, questions, propositions ou remarques : quelle riche diversité dans les textes autour de la passe parus dans le JJ depuis à peine un mois. Chacun ou presque avait donc quelque chose à dire concernant la passe. Une parole s’est remise à circuler, grâce au mouvement produit par les Journées, grâce à J.-A. Miller : quels en seront les effets ? Je suis frappée des résonances que nous pouvons trouver entre les textes. Tel témoignage a donné envie à tel(le) collègue de dire autre chose, et ainsi de suite… Une chaîne de dits se tisse donc, qui à la fois préserve et relance l’énonciation de chacun. Nous nous trouvons donc au cœur de la délicate question qui nous préoccupe, entre transmission des dits et transmission d’un dire. Les différentes expériences de passeur évoquées par les collègues dans plusieurs JJ m’ont poussée à de nouveau m’interroger sur le moment où j’avais été désignée passeur. C’était dans l’immédiat après-coup d’un « événement de corps » qui, par les arcanes mystérieux des pataquès que seul l’inconscient sait produire, m’avait conduite à l’hôpital avec un diagnostic médical peu enviable heureusement vite réfuté. Mais il ne s’agissait pas là d’un nouvel avatar du symptôme venu se loger dans un « langage du corps » supposé conforme à ma structure. Il avait cependant fallu que le corps soit touché pour passer outre certaines déterminations : malgré ma totale incompréhension de l’affaire alors, j’éprouvais que quelque chose s’était passé. La désignation comme passeur vint « interpréter » ce moment en validant qu’il s’était en effet passé quelque chose, sans y donner pour autant aucune signification, mais indiquant une orientation : vers l’École. Le moment de la désignation comme passeur correspondait donc à un nouvel arrangement (bien loin d’un « tout s’arrange »), encore insu du sujet, entre quatre termes : le corps, le dire, l’amour et la psychanalyse, en tant que c’est l’École qui en soutient la transmission. En fait, que le corps soit touché avait changé quelque chose au dire. Il me semble que c’est ce point-là qui importe, ce point-là qui rend le passeur susceptible d’être « plaque sensible ». Un état et un mouvement particuliers du dire : n’est-ce pas cela, dans une configuration nouvelle, qui se retrouve dans ce qui pousse à faire la passe ? Il reste alors à se tenir toujours sur la brèche d’en maintenir ensuite l’étonnement. Si c’est au passant de frayer un chemin, entre les dits et le dire, entre la clarté et l’opacité, entre son hystoire et la contingence, et de savoir y entraîner les passeurs et le cartel, sans doute est-ce à l’École de préparer le terrain pour que quelques uns au moins puissent continuer à ouvrir le passage. « MAPASSE » ET LA PASSE par Jean-François Cottes Je tenterai de contribuer au débat en cours sur la passe à partir de mon expérience de la passe. mapasse Plusieurs années avant de conclure l’analyse, j’avais décidé que je ferai la passe. C’était au moment où, répondant à des demandes d’analyse que j’avais d’abord orientées vers des membres de l’École, j’avais commencé à recevoir ceux qui me demandaient de s’analyser avec moi. La perspective de faire la passe s’était alors imposée à moi comme allant de soi. La passe à l’entrée battait son plein, mais je ne me sentais pas concerné. La passe c’était pour moi la passe finale, je n’en voyais pas d’autre. Un an plus tard, au printemps 1998, alors qu’une crise majeure dans l’École était engagée, j’entrais à l’École après l’avoir demandé. L’analyse se poursuivit jusqu’à son terme, elle se conclut sur une formation de l’inconscient et son interprétation lors de la dernière séance. Cette certitude d’avoir terminé monanalyse a été plusieurs fois confirmée et jamais remise en doute. S’ouvrit alors une période d’intense élaboration pendant laquelle je me mis à écrire sur mon analyse, les formations de l’inconscient et leur interprétation prenant une place importante au cours de ce processus-même. Au bout d’un an le processus arriva à son terme. J’en conclus que j’étais prêt à faire la passe. Or, c’est à ce moment que la passe fut suspendue. Malgré la suspension de la procédure et après avoir pris l’avis de celui qui avait été mon analyste, j’écrivis à la présidente de l’École ma demande de faire la passe à l’ECF. Quelques jours après je fis un rêve qui se passait rue Huysmans : la présidente de l’École me dit qu’elle a reçu une lettre et me demande si elle doit la faire suivre, je lui réponds oui. Quelques semaines plus tard je rencontre effectivement Lilia Mahjoub à l’École, elle me dit qu’elle a reçu ma lettre et que ma demande est sérieuse. Je reprends alors quelques notes sur mon carnet. Plus d’un an après, Francesca Biagi, membre du secrétariat de la passe, me reçoit, m’indique que ma demande va être examinée par le secrétariat et que je serai contacté. Quelques semaines plus tard je me rends à Paris pour tirer le nom de mes passeurs. Une fois le tirage au sort fait, elle me dit en substance : maintenant c’est votre passe, c’est à vous de jouer. Je contacte aussitôt le premier passeur dont j’avais tiré le nom. Nous nous verrons deux fois. Lors de ces rencontres, je ne lis pas mes notes, je savais ce que j’avais à dire. Je répondis aux demandes de précisions du passeur. Lors de la deuxième rencontre, le passeur me posa quelques questions pertinentes. Il me remercia de la confiance que je lui avais faite et me dit avoir été enseigné par mon témoignage. Le lendemain, j’appelai le deuxième passeur qui me dit qu’il avait déjà une passe en cours et qu’il ne pouvait recueillir mon témoignage. J’appelais aussitôt Francesca Biagi et me rendis chez elle pour tirer le nom d’un autre passeur que j’appelais aussitôt et qui me dit ne pouvoir recevoir mon témoignage car elle allait elle-même s’engager dans la procédure. Je dus donc tirer au sort un quatrième passeur qui me reçut très rapidement dans sa ville de province, deux fois aussi pour à peu près la même durée. Ce second passeur me dit qu’il était convaincu par mon témoignage et que, lui aussi, en avait été enseigné. Le cartel reçut les passeurs plusieurs mois plus tard. Il me fallut attendre encore plusieurs mois supplémentaires pour que la réponse du cartel me soit dite par Francesca Biagi au mois de septembre suivant. La réponse était : non. Le cartel me faisait savoir que le témoignage était riche, les effets thérapeutiques certains, mais qu’il restait une ombre. Cette ombre, non précisée, m’évoqua la phrase de Lacan dans sa Proposition… sur la passe : Cette ombre épaisse à recouvrir ce raccord dont ici je m'occupe, celui où le psychanalysant passe au psychanalyste, voilà ce que notre École peut s'employer à dissiper. Ainsi du début de la procédure de passe à la réponse, il s’écoula plus d’un an, alors que je n’avais pas attendu un jour à chaque étape pour accomplir ce qu’il me revenait de faire. Je ne fus pas satisfait de la réponse du cartel. D’abord parce qu’elle était négative quant à la nomination comme AE, mais aussi parce que je voulais savoir sur quoi portait cette ombre. J’appelais donc le plus-un du cartel qui finalement me proposa de me rencontrer lors d’une manifestation de l’École à Paris. Au cours de la journée un des membres du cartel me parla spontanément de ma passe et me dit que c’est à cause d’un « tout petit point » que je n’avais pas été nommé. Le soir je rencontrai le plus-un qui me dit que le cartel avait beaucoup discuté de ma passe, qu’il avait été envisagé de recevoir à nouveau les passeurs pour préciser un point, mais que finalement ce n’avait pas été le cas, que le cartel avait considéré avoir assez d’éléments pour pouvoir décider. Il me dit aussi que je n’avais pas eu de chance, car d’une part un autre cartel m’aurait sans doute nommé AE, et que d’autre part ils venaient de nommer un AE. Enfin, il me précisa le point essentiel qui avait fait la décision : le passage au psychanalyste, la mise en fonction du désir du psychanalyste étaient restés voilés. Et pourtant cette question avait été présente dans mon témoignage auprès des passeurs de façon très précise et mise en relation à la fois à mon hystoire et à mon analyse. En effet, au moment où j’ai commencé à recevoir des demandes d’analyse, une référence du séminaire de Lacan me servit comme point d’appui à mon élaboration dans ce moment de passe. J’en fis part aux deux passeurs en mettant l’émergence du désir de l’analyste en lien avec un versant de détermination lié à la névrose infantile et un versant de cause liée à la rencontre avec la psychanalyse à l’adolescence. Quelque chose n’a donc pas passé du passant au cartel. Cela ne tient pas à la conviction des passeurs qui l’un comme l’autre au cours de ma passe et par la suite, m’ont dit que mon témoignage les avait convaincus. À partir de là, que puis-je dire du débat en cours sur la passe ? La passe La passe est une expérience à nulle autre pareille que je recommande à tous ceux qui ont conclu leur analyse. C’est un moment d’élaboration d’une grande intensité, qui a été pour moi très productif pour les vues nouvelles que cette élaboration m’a donnée sur mon analyse et sur la psychanalyse. Ce processus se poursuit depuis, il est le point d’appui de l’acte analytique. J’avais parlé à mes deux passeurs de la contingence de la passe. Mon expérience de la passe m’a confirmé ce point de vue. La passe n’a rien de nécessaire, à chaque étape la contingence entre en jeu. On débat sur le point de savoir si et comment permettre aux passants qui n’ont pas été nommés AE de témoigner de leur analyse, de leur passe. Faut-il créer un dispositif à cet effet ? Je crois surtout que la réponse revient à chaque passant. En ce qui me concerne, j’ai tenu compte de la réponse du cartel en consacrant l’essentiel de mes contributions dans notre champ à la question du désir de l’analyste. C’est ce que je continue de faire. L’offre des Journées 38 et de celles de Rennes apporte une réponse audacieuse et qui a démontré son opérativité à la question posée. Mais il demeure les problèmes posés par le faible nombre d’AE nommés et le peu de demandes de passe. Gageons que sur ce dernier point l’élan donné par les Journées produira un effet bénéfique. La passe sélectionne une élite. Elle choisit ceux qui seront en charge de témoigner des points cruciaux de la psychanalyse là où elle en est et d’analyser l’expérience de l’École. C’est pourquoi la sélection est rigoureuse. Cette rigueur est nécessaire mais elle inhibe sans doute la dimension du pari de la nomination. Une nomination est un acte, elle s’appuie sur une certitude, mais participe aussi de l’acte de foi. La prudence est requise, mais elle ne doit pas faire place à la frilosité. Prenons une autre question pour essayer d’éviter cet écueil. On débat, depuis longtemps, sur le fait de savoir s’il ne faudrait pas faire de la nomination d’AE un titre permanent. Les uns en tiennent pour le maintien de la nomination temporaire, d’autres pour l’extension de la nomination sans limite de temps, les uns comme les autres avançant d’excellentes raisons pour motiver leurs points de vue. Je considère que les deux positions se tiennent. Comme tout un chacun, j’ai constaté et constate encore que, passés les trois ans d’enseignement, certains AE ne contribuent plus ni aux points vifs de la psychanalyse ni à l’analyse de l’expérience de l’École. J’ai aussi le souvenir d’AE qui ont trahi l’École et l’ont quittée, après et même pendant leur mandat. Mais a contrario j’ai constaté aussi que d’autres AE contribuent de façon éminente à la doctrine lacanienne de la psychanalyse et aussi à la vie de l’École et à l’analyse de son expérience, parfois très longtemps, des décennies, après leur période d’AE en exercice – comme nous l’avons vu de façon éclatante lors des Journées 38. Faut-il opposer AE temporaire et AE non-temporaire ? Pourquoi au contraire ne pas dépasser la contradiction en les articulant et en faisant cohabiter les deux catégories dans l’École ? Cela ne suppose pas de subdiviser la catégorie d’AE. Il suffirait qu’un jury se prononce au bout des trois ans d’enseignement sur le fait de savoir si un AE est prolongé dans son titre ou non. L’unité de la passe comme celle du titre d’AE seraient préservées, il n’y aurait qu’un seul type de nomination. Cela ne serait-il pas de nature à permettre aux cartels de nommer sans une retenue excessive ? LA PASSE, DE LA HAUTE COUTURE par Marie-José Asnoun Hier matin, je me réveille avec la phrase suivante : « Je préfère la Haute couture au prêt à porter ». La passe, pour moi, relève de la Haute couture. Pour autant, ce style n’objecte pas à la simplicité. Chaque analyse aboutit, lorsqu’elle aboutit, à un sujet singulier qui produit un sinthome « sur mesure ». Vraiment, pouvons-nous croire qu’il y aurait eu un âge d’or de la passe, pour en vivre maintenant l’âge sombre ? La Soirée de l’Enseignement des AE : « La Passe III, politique » du mardi 8 décembre 2009, avec Bernard Seynhaeve, en présence d’Éric Laurent et d’Antoni Vicens, n’a pas été sans résonance pour moi. Bernard Seynhaeve a développé un moment de solitude qu’il a lui-même qualifié d’imaginaire et nous a décrit un temps d’inhibition. Toutefois il a conclu sur la mise en place d’un travail qui marierait des analystes et des analysants. Antoni Vicens a mis l’accent sur l’interprétation de l’École, comme l’absence d’AE. L’AE qui manque à l’ECF est une interprétation ! Cela m’a été éclairant. Le constat est là ; il y a très peu de nominations d’AE ; selon Yasmine Grasser, neuf AE sont nommés depuis l’année 2000. Cela dit, il est aussi vrai que peu de passants se sont présentés au dispositif de la passe. Je partage l’hypothèse d’Antoni Vicens, selon laquelle il y a bien un désir de passe qui ne va pas jusqu’au désir d’AE, car si on souhaite que la passe fonctionne, c’est pour que l’AE soit un Autre. C’est une hypothèse que j’ai émise avec divers collègues. Je n’impute pas cette rareté de nominations aux seuls Cartels de la passe ou aux passeurs. Nous ne pouvons ignorer la rareté du passant depuis quelque temps. Je n’ai pas été passeur. En revanche, j’ai été passante : je peux témoigner que j’ai rencontré deux excellents passeurs lors de mon entrée dans le dispositif de la passe. Indéniablement le passeur est central quant à la transmission. Ce fut et reste une bonne rencontre. Deux passeurs attentifs, généreux, posant des questions et de style alerte. L’une était plus questionneuse que l’autre mais d’un juste ton. Les deux m’ont dit leur satisfaction de l’effort logique dans ma transmission, qui a conduit via la leur à ma nomination d’AE. Si je peux être critique, je peux aussi témoigner de ma gratitude. Le dispositif de la passe a fonctionné et fonctionne. Quelque chose s’est figé à l’École. Jacques- Alain Miller l’a interprétée en acte et la conséquence est le nouveau souffle sous la forme d’un magistral mouvement analysant. Je veux saisir ce souffle pour renforcer mon rapport à la cause analytique, mais aussi bien reconfigurer le lien à la communauté analytique. Nous sommes d’abord une École d’analysants. Ce souffle semble avoir eu un effet de « déhierachisation » de l’énonciation, dont nous ne pouvons que nous réjouir ! Éric Laurent parlait hier soir de générosité. Si j’ai bien compris, il disait que la générosité au sens de Descartes, était de situer le sujet de la bonne manière par le discours de la méthode. « Mais c ‘est au prix d’un ordre, de règles, d’une méthode que l’on parvient à conduire sa raison et son action, de manière efficace (…). (…) Ainsi je crois que la vraie générosité, qui fait qu’un homme s’estime au plus haut point qu’il se peut légitimement estimer, consiste seulement partie en ce qu’il connaît qu’il n’y a rien qui véritablement lui appartienne que cette libre disposition de ses volontés, ni pourquoi il doive être loué ou blâmé sinon pour ce qu’il en use bien ou mal, et partie en ce qu’il sent en soi-même une ferme et constante résolution d’en bien user, c’est-à-dire de ne manquer jamais de volonté pour entreprendre et exécuter toutes les choses qu’il jugera être les meilleures ; ce qui est suivre parfaitement la vertu. » (Descartes, Passions, art. 153). Effectivement, la générosité manque à l’ECF. Nous sommes traversés par le malaise dans la civilisation. Nous sommes entrés dans un monde de l’immédiateté. Si le Président du réseau d’agences publicitaires TBWA Worlwide (cf. l’article du journal Le Monde du mercredi 9 décembre 2009) souscrit à l’imagination au pouvoir, pourquoi une École de psychanalyse ne consentirait-elle pas à une orientation créative ? Évidemment nous ne mettrons pas l’imagination au pouvoir, mais nous pourrons miser sur le désir du psychanalyste. Ne négligeons pas la dimension de pari que comporte la passe. Nous devons parier sur l’invention et être prêts à tout envisager ! À PROPOS DU COURAGE DU PSYCHANALYSTE par Jeanne Joucla En dérivation sur l’intervention au ton vivifiant de Caroline, ma voisine, dans le JJ 68, – remercions-la pour oser des suggestions… –, je souhaitais associer sur le « y mettre du sien » dont elle fait, à juste titre, crédit au passant – mais qui détacherait, de fait, le cartel de la passe comme « n’y mettant pas assez du sien », et peut-être bien, aussi, le passeur. Ce que j’entends, ce n’est pas que le passeur n’y mette pas du sien (cf. les nombreux témoignages dans le JJ), non plus que le cartel de la passe à la tâche deux ans durant, mais que la procédure même faisait jusque-là, me semble-t-il, fonction de bâillon, transformant les différents acteurs de la passe, hormis ceux qui en sortent AE, en motus et bouches cousues. J’associe sur une question posée à Pierre-Gilles Guéguen lors d’une récente soirée rennaise consacrée à la vérité : question à propos du courage du psychanalyste comparé à celui du Parrhésiaste aux prises avec les extrémités de sa véri-diction, c’est-à-dire de son franc-parler, aux antipodes de la parole bâillonnée. P.-G. Guéguen, sans ambages, situa le courage du psychanalyste du côté de celui qui « ne se dédit pas de ce qui a été dit », ainsi que du côté analysant pour lequel, « ce qui est dit est dit » quoiqu’il tente. Sans doute y a-t-il une bonne façon de réintégrer de façon « visible » ce courage au sein du dispositif de la passe. Et que ce débat au franc-parler y aura participé grandement. LA PASSE, MÉTÉO DE L’ÉCOLE par Jean-Daniel Matet Est-ce la figure du capitaine, consultant la météo pour sortir du port, qui doit inspirer un futur président de l’ECF, son Directoire et son Conseil, ou celle d’Eole qui ferait la pluie et le beau temps ? S’il se prend pour Jupiter, la mégalomanie de son délire lui sera reprochée, et si il se prend pour un tigre, c’est sa nature de papier qui apparaîtra. Toutefois il est prié d’ordonner les saisons et qu’à défaut d’incarner l’horloger, il soit le jardinier qui permettront que « cent fleurs s’épanouissent »i et que les arbres produisent des fruits. Depuis l’élection du nouveau Conseil (2010-2012) et de son Directoire dont l’élection sera officiellement entérinée le 5 janvier, l’heure est à la transition et au brain-storming. L’équipe sortante transmet à l’équipe entrante, dans la hâte, les informations, les dossiers, les raisons de ses actions. Déjà deux réunions du Conseil ont eu lieu, se préparant à établir dès la rentrée le rythme des comptes-rendus qui seront rendus publiques sur ECF-messager. L’ambiance est studieuse, mais joyeuse comme celle qui accompagne le mouvement issu des Journées de l’ECF 2009. Rien ne sera plus comme avant. Ce qui apparaissait comme une gageure quand nous combattions les évolutionnistes et autres comportementalistes, a trouvé une réponse dans la succession des 120 exposés qui témoignent pour chacun du moment, de la conjoncture analytique qui le fit analyste. Nous poursuivrons à Rennes qui déjà se prépare. Nous imposons ainsi aux calculateurs de tous horizons qui ont envahit notre vie sociale et intellectuelle, une méthodologie et une raison qu’ils voulaient rejeter. Nous garderons de la statistique et du calcul ce que la rigueur d’une bonne gestion suppose (les instances de l’École ne peuvent pas le négliger), mais nous resterons fermes sur notre orientation de travail qui est avant tout transfert de travail. Ainsi la Passe elle-même se trouve questionnée, dans son appréciation clinique, comme dans le dispositif que l’École se donne pour en juger. Nous remarquons que cette interrogation est née de ces dernières Journées et du Journal qui en animent le débat bien au-delà, et non pas du dispositif lui-même. Ni le secrétariat, ni le collège, ni les cartels (j’en assume ma part pour en être) n’ont été à l’initiative de ce questionnement et de la remise en question de ce qui apparaît depuis quelques années comme malaise et dysfonctionnement de la passe. L’initiative est venue des acteurs (passants, passeurs) jusqu’aux limites que le dispositif impose quant à la confidentialité de ce qui s’entend dans le témoignage. Mais jusqu’ici, nous pouvons saluer l’effort de bien dire qui tente d’arracher à la langue de bois ce qui fait l’enjeu du problème sans tomber dans les petites misères. Le collège de la passe a perdu du coup son objet, tant le débat s’est élargi avec profit au-delà des acteurs du dispositif lui-même. Il y a un enjeu politique. Il a été souligné et comment ne pas se souvenir en cette date anniversaire du texte « Acier l’ouvert »ii (10-11 décembre 1989) de la ferraille que Jacques-Alain Miller avait dû sortir pour ouvrir ce ciel dont les nuages menaçaient l’École elle-même. Il fit valoir les lignes de lecture politique que la situation imposait et chacun y prit ses responsabilités. L’École n’est pas de toujours, elle est sans cesse en construction, et son mouvement ne peut s’interpréter sans la dimension du temps, pas celui de la météo, mais celui de la logique. Nous n’en sommes plus à l’École avec ou sans Lacan, mais à l’École avec ou sans son envers. Il est aujourd’hui inconcevable d’opposer une École des spécialistes, fussent-ils psychanalystes chevronnés, maîtres es-passe éventuellement, à celle des analysants militants d’une cause analytique qui se jouerait sur la scène publique tout autant que sur les divans. Les uns et les autres, alternativement si l’on veut bien donner tout son poids à une permutation vraie (pas celle qui ferait revenir les mêmes toujours à la même place), sont solidaires du destin de la psychanalyse qui se joue tout autant sur les divans, dans les fauteuils que dans les Forums, les Journées, les déclarations publiques et combats en tout genre. Il n’y a pas deux Écoles, la noble qui pratiquerait la psychanalyse et la vulgaire qui en parlerait, ce sont les deux faces d’une bande de Moebius, plus encore un nouage borroméen qui perd sa pertinence quand il se désolidarise. Quel sens aurait l’action de ceux qui s’activent pour l’École si elle était réduite à une tâche sociale, si elle n’était articulée à ce qui du symptôme vient pour chaque analysant, au titre d’un reste, instaurer un lien social nouveau ? Les CPCT, les commissions de l’ECF, les comités éditoriaux en ont montré l’exemple dans la capacité de leurs acteurs à engager les enjeux pour la psychanalyse, jusqu’à renoncer à ce qui pouvait s’apparenter à un succès professionnel dans le champ social. Pour ces raisons, je ne souscrirais pas à l’analyse qu’a bien voulu en faire Patricia Johanson-Rosen dans le JJ 61 en opposant, si je l’ai bien lu, le combat pour la psychanalyse aux exigences de l’École. Le militant pour la psychanalyse doit trouver sa limite dans l’analysant, et l’analysant, si il ne veut pas idéaliser la pratique de la psychanalyse, a beaucoup à gagner à se frotter aux effets de ce discours dans la société. Il n’y a plus d’École-refuge, au sens du lieu bunker qui préserverait les analystes et les analysants de radiations hostiles, mais ils deviennent eux-mêmes dans leur mouvement le refuge du discours psychanalytique, par l’irradiation issue de l’expérience du divan qui va toucher la société dans laquelle ils vivent. NOMMER (a) ? par Dominique Laurent L’évaluation, les exigences de formation universitaire protocolisée, les reconnaissances professionnelles encadrées, surveillées, par le grand panopticon bureaucratique, visent à nommer à une place et assurer chacun de son utilité sociale. Comment éviter que dans la psychanalyse « le nommer à » vienne occulter la réflexion sur ce qu’est le nom de psychanalyste. Ce serait permettre le retour, actualisé par les exigences du maître, de l’accréditation bureaucratique de l’analyste. C’est exactement ce point que J.A. Miller interroge depuis plusieurs semaines. Le désir, nouveau et massif, de témoignage d’analysants lors de nos journées interroge le dispositif de la passe. Avec cette procédure, Lacan a combattu la réduction du devenir analyste à l’identification de critères de l’être et au fonctionnement d’institutions qui masquent la fonction analyste en tant que série de positions singulières. La passe doit continuer à vérifier sur quelle jouissance obscure le nom de psychanalyste est posé. L’analyste a rencontré dans son analyse le « délire » qui fait sa vie, soit son fantasme, et il sait de quelle jouissance il se paie. L’analyste « délire » avec chacun de ses analysants, mais pas avec le « tous » de l’évaluation. Il permet ainsi à chacun de produire ses signifiants-maîtres, son monde, son inconscient et d’obtenir de la bonne manière le seul « essentiel » qui soit, l’extraction de l’objet a, où le « savoir y faire avec le symptôme ». Le nom de psychanalyste vient désigner non pas un être, mais un symptôme. La psychanalyse ne promeut pas d’identifications stables, collectives, pour mettre tout le monde au travail sous une discipline commune. Loin de rêver à un nouvel humanisme disciplinaire pour garantir le fonctionnement d’une École de psychanalyse, Lacan a pris comme référence l’Autre jouissance, féminine, qui n’exclut ni le souci des semblants ni le lien de l’amour. Il a conçu une École comme un ensemble sans universel où ne vaut pas le « pour tout x », comme l’indique la « Théorie de Turin ». Notre pari est celui d’une particularité subjective soutenue par le rapport le plus étroit au savoir dans l’acte analytique même. De ce point l’analysant peut être convoqué dans un lien épistémique à la psychanalyse et à un lien social qui en passe par une École. Ce transfert de travail se vérifie dans la procédure de la passe et les travaux exposés. Dans cette perspective, L’École a mis en place, à côté de la nomination de ses AE, deux modalités d’admission de ses nouveaux membres. L’une s’est appuyée sur les titres et travaux, l’autre sur la passe à l’entrée – perspective introduite par Jacques-Alain Miller. La première continue de fonctionner, la seconde a été une expérience limitée dans le temps. Au Congrès de Rome en 2006, j’interrogeais la façon de rendre compte, à l’heure de la tyrannie de l’expertise, de la spécificité de la psychanalyse lacanienne dans ses procédures d’accréditation. C’était un moment où la passe conclusive suscitait peu de « vocations » et où la procédure d’admission ne prenait pas en compte ou pas assez l’analysé. Au sens où Lacan formulait « il y a de l’analyste » quand « il y a de l’analysé » . « Il y a de l’analyste » inscrit quelque chose, un quod, qui n’est pas encore défini. Le jugement d’attribution porte sur « il y a de l’analysé ». Le jugement d’existence porte sur « il y a de l’analyste ». L’analyste est une existence, un quelque chose en fonction. Le corrélat de cette formulation est que l’analyste se réduit à sa fonction dans une pratique. C’est une autre perspective que celle qui vient nommer analyste celui qui atteint le terme d’un cursus. Le succès de ces Journées révèle le caractère obsolète de toute perspective d’une liste d’analysants nommés seulement « sur travaux ». La procédure d’admission est, dès lors, à penser à partir du savoir inédit obtenu de l’analyse et des travaux effectifs. Ce serait confirmer notre pari du sujet. DÉBAT AU COLLÈGE DE LA PASSE Quelques notes de lecture concernant la circulation des textes sur la passe par Jean-Claude Razavet En relisant les textes envoyés, je note qu’un véritable débat s’est engagé, dans lequel la passion qu’a toujours suscité la passe, était présente. Il est vrai qu’avant la première réunion du collège, cette passion s’était quelque peut éteinte comme l’a fait remarquer Lilia. Il faut dire que cette passion fait pomme de discorde depuis l’École Freudienne (séparation du quatrième groupe). Et que, de chaque réunion du collège de la passe, est résulté une crise, qui nous a fait à chaque fois perdre collègues et amis. Peut-être que, jusqu’aux journées de novembre, les héros s’étaient fatigués. Au précédent mini collège par exemple, chacun a gardé sa passion dans la poche. Et pourtant, ces crises témoignent de la vitalité d’une École. La passe, et son dispositif, comme je l’ai dit jadis, est un ver dans le fruit introduit par Lacan au cœur de l’institution analytique, qui, de structure tend à devenir SAMCDA voir Société Mutuelle Contre la Passe. Depuis la rentrée 2008, un pas a été franchi par JAM, dont témoigne son cours, et qui s’est traduit par l’impulsion qu’il a donnée à ces journées. Impulsion qu’on peut qualifier d’acte si on en juge à ses conséquences, dont l’une est le réveil du collège. Cet acte représente une véritable révolution culturelle. Il a consisté à déclancher la crise avant la réunion du collège, en donnant la parole aux analysants qui ont su dire quelque chose de leur rapport à l’inconscient. En attendant la suite des effets de ces journées, où en sommes nous du débat ? Concernant la question des passeurs qui était au programme, nous avons entendu les passeurs qui ont témoigné non seulement de leur expérience de récepteur du témoignage des passants, de leur expérience en tant que membre dans les cartels de la passe, mais aussi, point important, du moment de leur cure où, selon eux, ils ont été désignés. Je retiens, entre autre, le moment de « désorientation » signalé par Bernard Lecoeur. Je voudrais maintenant débattre en toute amitié avec Rose Paule et lui dire mon désaccord concernant le portrait du passeur de ses rêves, et le savoir faire qu’elle lui prête. Bien sûr quand on est dans un cartel de la passe, on rêve tous d’un passeur comme çà. Mais si c’était aussi simple, il suffirait de lui faire faire un stage chez un éditeur. Si on en croit Lacan, relativement aux fonctions respectives de chacun des trois niveaux du dispositif, magistralement détaillées par Philippe La Sagna, ce qui défini le passeur, ce n’est pas un savoir faire mais un être. Un être la passe, un analysant chez qui est encore présent le désêtre qui a frappé son analyste. Un être qui est sensé, faire de lui une plaque sensible, selon la formule de JAM. C’est très joli à dire, mais pas si évidant à repérer comme moment clinique. Dire qu’il n’est pas question de demander des comptes à l’analyste qui a désigné le passeur, c’est déjà faire intervenir un imaginaire qui justement est à exclure. C’est à chacun d’entre nous de se demander des comptes à soi-même, quand il désigne un passeur. À chacun de nous de demander à ses collègues : « Et toi tu sais reconnaître ce moment clinique ? As-tu vérifié sa pertinence auprès des cartels qui l’ont utilisé, ou à partir de ce que t’en dit le passeur dans la cure au moment où il témoigne? Deuxième point de désaccord : proposer un portrait, c’est le meilleur moyen d’obtenir qu’on s’y conforme. À La Sagna, je ferai remarquer que je ne vois pas très bien le rapport entre son exposé et sa conclusion relative à une nouvelle composition du cartel de la passe, avec deux passeurs et un plus un élu. Pour qu’il y ait un « turn over » important des passeurs, il faudrait peut-être aussi qu’il y ait plus d’AME nommés, ou alors que d’autres ait la possibilité de le faire. À Marie Hélène Brousse : Je ne suis pas sûr de ce qu’elle a voulu dire en parlant d’un profil type de l’AE. Si elle veut dire que les passants sont tentés de se conformer à ce profil type, ce serait le signe d’un échec de la passe, puisque, si on se fie à ce qu’en attendait Lacan, l’AE ne peut être que le produit de l’extrême singularité de sa cure. Que veut dire vouloir faire le portrait de l’AE nouveau tant attendu ? Par hypothèse chaque AE est nouveau et on ne peut pas prévoir ce qu’il sera. Si profil il y a il faut le mettre sur le compte des grands shows qui ont été faits aux débuts pour présenter les AE. L’intérêt pour la passe n’est pas une question de marketing. POUR LA PASSE DANS LA NLS par Nassia Linardou Il y a dix ans, je pouvais revenir vivre en Grèce après de longues années passées à Paris. Beaucoup de choses avaient changé pour moi entre-temps. Les rencontres que j’avais faites m’avaient donné cette possibilité de retrouver mon pays dans des conditions complètement différentes. J’étais partie médecin, je revenais psychanalyste. Je savais qu’il y avait un champ à ouvrir dans l’après-coup de Barcelone 1998. Je me sentais engagée sans réserve. Je n’étais pas seule. Mais je savais que j’allais commencer à pratiquer la psychanalyse loin de mon analyste et sans le soutien que pourraient être pour moi l’enseignement hebdomadaire de Jacques-Alain Miller et l’environnement de l’ECF. A ce moment charnière j’ai éprouvé le besoin de prendre appui sur ma cure, sur ce que j’avais fait dans l’analyse et sur ce qui avait changé en moi par l’effet de la psychanalyse pour être en position de la proposer à d’autres. Je savais que mon analyse n’était pas finie car les effets sur le désir n’avaient pas absorbé entièrement l’angoisse, selon la formulation très éclairante de Jean-Daniel Matet. En aucun cas il n’était question pour moi d’arrêter mon analyse. Mais il m’importait de faire cet effort subjectif de me pencher sur my ruins of wrecked past purpose pour repérer ce qui en avait pris la place. J’ai fait à ce moment-là la passe à l’entrée. Pendant les entretiens avec les passeurs un travail de reconnaissance a été possible, reconnaissance de ce qui avait compté pour que je puisse, non sans angoisse, me déplacer suffisamment de l’idéal et pouvoir pratiquer la psychanalyse. Le cartel a alors proposé mon admission à l’EEP. L’année suivante la passe à l’entrée était supprimée. Dix ans ont passé depuis. Toute la vie a tourné autour de comment transmettre ce lacanisme millérien qui nous enchantait, conquérant, audacieux, clinique, sans concessions et ouvert. Je réalise aujourd’hui que durant cette période j’ai très souvent dit ‘nous’ et non pas ‘je’ dans l’effort d’emporter dans le courant cette communauté de jeunes cliniciens qui y prenaient goût. La construction de cette communauté et ses avatars, véritable expérience subjective, est devenue l’affaire de mon analyse. Mais la passe nous manque ! Aujourd’hui il clair que des demandes d’admission se feront jour parmi les jeunes grecs de la Société hellénique. Des questions nouvelles surgissent d’ores et déjà. Est-il possible de construire une communauté d’École sans qu’elle ait une expérience de passe, sans que la passe soit cause du désir d’École ? Sans que personne de ses membres n’ait été passeur, sans que les aînés ne soient travaillés par cette question ? Comment l’analyse de chaque postulant serait-elle prise en compte dans la procédure de son admission ? Autrement n’est-ce pas le ‘syndicat’, les ‘notables reconnus par ancienneté’, le ‘chacun est chacun’ qui nous guettent à tous les tournants du chemin ? LA NAISSANCE DU DÉSIR DE PASSE par Fouzia Liget En tant qu’analysante, la passe, je ne savais pas vraiment ce que c’était. J’en sais un peu plus, grâce au « Journal des Journées ». Quel savoir ai-je de la passe ? Et quelle image ? Quel espoir, aussi ? Il y a quelques mois, un collègue, membre de l’École, me demandait si, entre jeunes, on parlait de la passe, si on y pensait. Ma réponse fut non. J’avais gardé en tête votre intervention sur le thème des Journées 2009, le 12 octobre de l’an dernier : vous y disiez que la passe signifiait la fin de l’analyse, mais pas la fin de l’analyse de son inconscient. Ma connaissance s’arrêtait là, et je ne cherchais pas non plus à en savoir davantage. Cela me paraissait si loin… Le débat qui s’est ouvert dans le JJ, c’était une chance pour moi. Je l’ai suivi avec beaucoup de curiosité. Un voile de la pudeur s’est levé sur une question aussi sensible que précieuse, mais aussi opaque et obscure, à la limite d’un tabou. Depuis lors, des questions émergent : comment naît le désir de faire la passe ? A quel moment décide-t-on que c’est le temps de la passe, le temps logique de l’analyse ? Je lisais les témoignages des passants, ceux qui n’ont pas obtenu de nominations. J’ai été frappée par le fait que ces témoignages restaient lettres mortes, sans réponses, sans suite. En effet, de quoi tuer le désir de passe. J’ai dans l’idée que la passe est une procédure précieuse, inouïe, dans une société du chiffre, du standard, qui forclot le sujet, qui méprise le désir. Ici, à l’ECF, il est permis de désirer, on devient psychanalyste par la voie royale de son inconscient, de son déchiffrement… Pas de diplômes, pas de notes, pas de standard. Une procédure commune, recueillant le plus singulier de chacun, le plus intime, mais dans une visée de transmission au service de la psychanalyse. Alors quel espoir ? Que les témoignages des passants qui n’aboutissent pas à une nomination soient mieux reconnus. Qu’une place d’enseignement et de transmission sur la cure analytique leur soit donnée. La nouveauté des Journées a été d’entendre les témoignages d’analysants non AE. Pour ma part, ils ont suscité chez moi le désir de transmettre, de témoigner de mon analyse. Un désir de « mini-passe », comme l’écrit joliment Giorgia, a émergé chez moi. Et pourquoi pas, un jour, la passe ? L’ENVERS DU PARCOURS par Solenne Albert Je ne savais pas, il y a encore quelques heures, que j’allais m’autoriser à parler de la passe. Depuis que le débat est lancé dans le Journal des Journées, je constate pourtant que j’étais friande de chaque nouveau texte publié. Ces échanges vivants et sincères me donnaient envie de dire quelque chose moi aussi, de ce que l’analyse m’avait jusqu’alors permis de traverser. Mais les quelques lignes que je tentais d’écrire depuis que le débat est lancé furent décevantes. Comment rendre compte de ce qui fait le tranchant d’une cure lorsque la vue d’ensemble nous échappe encore ? Lorsque tous ces signifiants égrenés au fil des années ne sont que morceaux isolés, éléments disparates voir contradictoires ? Ces questions nouvelles pour moi me donnèrent envie de lire un ancien numéro de la Cause freudienne, « La passe, fait ou fiction » (n°27). Parmi les textes passionnants qu’il contient, quelques phrases d’Esthela Solano-Suarez ont particulièrement retenu mon attention : « Le passant, poussé par cette nouvelle envie de parler de son analyse, s’avance pour transmettre aux passeurs ce qu’il sait. Aussitôt qu’il veut le dire, il se trouve amené à se demander où diable est passé ce savoir qu’il avait su. Car l’ensemble de ce savoir élaboré par l’analyse s’avère avoir été imaginé ensuite comme étant à la disposition du sujet. (…) Que reste-t-il alors d’une analyse ? Des chutes, de petits rêves, de petites séquences de l’expérience, des interprétations, bref des restes. » Peut-être qu’une passe pourrait être un moment où s’entrevoit la structure qui articule chacun de ces morceaux. Un instant où, grâce à un divin détail, la lumière s’allume, le fil conducteur, la structure qui unissait chacun des éléments patiemment dépliés au fil du temps se laisse apercevoir. Un moment où les éclats de rêves, égrenés au cour des années de cure, s’articulent autour d’un savoir nouveau. Tous ces indices éparpillés conduisent alors à une découverte, aussi souvent recherchée qu’évitée. Assumer cette découverte qui dérange et en déplier chacune des coordonnées émergeantes est le point de départ d’un nouveau travail. Si j’avais à travailler sur cette question de la passe, ce que je mettrais en avant serait donc son accent d’ouverture vers de nouvelles perspectives. L’aspect conclusif que je pensais jusque-là être prédominant dans la passe deviendrait alors secondaire. Le précieux de la passe serait qu’elle consisterait en un instant de comprendre qui permettrait de voir l’envers du parcours. Envisager ainsi la passe permettrait de l’associer à un devenir. Elle constituerait le point à partir duquel l’analysant, assumant la responsabilité de sa découverte, accepte de s’engager dans un devenir. Il n’y a plus de « je suis ça » ou « ça ». Pas de réponse, mais une question qui suscite un nouveau désir de savoir. Il y a sans doute un deuil mais il y a surtout une naissance. C’est-ce moment où quelque chose d’un désir nouveau peut commencer à éclore qui est précieux. La question de la passe s’articulerait alors à celle d’un devenir. Devenir femme, homme, analyste, suppose d’explorer cette zone jusque-là inconnue. À la fin de son article « Des semblants entre les sexes » (cf. n°36), Jacques-Alain Miller aborde justement la question de la passe à partir de la différence des sexes : « Ce que la passe, vue du côté du jury, enseigne – c’est du moins ma conclusion, très transitoire – c’est qu’il y a une incidence de la différence sexuelle quand au fantasme. » Je partage, avec Pierre Stréliski (JJ n°68), le souhait que les Journées de Rennes aient à cœur de dire quelque chose de cet inconnu. Qu’elles soient marquées par la différence des sexes, par la surprise et l’énigme, que la rencontre avec cette différence implique à chaque fois de manière particulière. CE SOIR, SOIRÉE DES AE À L’ÉCOLE par Patrick Lambouley Ça tourne autour de la question de l’ouverture, de la fermeture, de la solitude de l’A.E, solitude qui n’est pas celle de l’élément unique d’un ensemble, comme celle représentée par Bernard Seynhaeve, seul AE nommé à l’ECF en ce moment, mais celle de chacun en face de sa cause. On se demande aussi, qu’est ce que cela veut dire interpréter l’école, qu’est ce qu’on interprète quand on est A.E, on entend: on interprète le trou dans le langage, l’effet de essedegrandabarré, qu’est ce que veut maintenant l’École, plus seulement des analystes, mais des analysants, certains analysants... On se dit qu’il faudrait mêler les générations, mais on se dit aussi que certains analystes, blanchis sous le harnais, ont témoigné aux dernières journées, de leur rencontre avec la cause aussi fraîchement que si c’était hier... D’autres A.E, anciens A.E, racontent qu’ils était difficile d’interpréter l’École sans se faire «taper sur les doigts». Quelqu’un d’autre encore évoque que l’École ne va pas bien quand le fonctionnement favorise l’entre soi et génère une dynamique de caste. J’écoute, je suis fatigué, je me dis que je vais dire, là, quelque chose sur la question de la solitude, et sur la question de qu’est ce que c’est qu’interpréter l’École, au temps du dernier Lacan. Mais, surprise, Bernard Seynhaeve interrompt la soirée: «Je pense que nous allons en rester là pour ce soir...» «Alors séance courte» demande Éric Laurent? «Oui, séance courte.» Je ne dirai donc pas là, pas ce soir là. Et puis je ne suis pas membre, et pas connu, on ne me connaît pas, ma fatigue était sans doute aussi le semblant de ma résistance à apparaître, à naître à ça, à l’analyste de l’École, qui devrait être au fond la place d’où parlent non seulement les A.E, mais aussi les membres, mais aussi les autres, nouveaux venus, non membres concernés, quiconque soucieux que l’École reste le lieu d’adresse ou puisse être accueillie et entendue une parole qui témoigne de la cause, de la jouissance, de l’effet que ça fait de vivre orienté par le réel de sa cause. Mais cette coupure inattendu de Bernard Seynhaeve, produit le désir de dire, dans l’après coup, alors j’écris, comme si je parlais, en passant par l’objet JJ. La solitude? C’est celle de la jouissance. La jouissance est de l’un, toujours. On attend de l’A.E que la rencontre avec cette solitude radicale avec l’objet cause, produise un discours. Parler, du lieu même de cette solitude spéciale d’avoir opperçu l’absolu singulier du réel de cette jouissance. Cette jouissance, quand on la rencontre, est plutôt un pousse à la boucler. La boucler dans la cure: à quoi bon dire, raconter, déchiffrer; Traversée du désert disait Bernard Seynhaeve. Il semble alors que la seule vérité, c’est le trou de la parole, son inadéquation à parler de ça, du CA. Et puis, si ça passe, ça produit une parole nouvelle, poétique, humoristique, hypomane, bref un style, chacun son style. Et la «transmission» de la cause, c’est parler en fait, quoi qu’on dise, toujours de ce style, du lieu de ce style. Analyser un parlêtre, avec une orientation vers le réel, c’est interpréter avec un opérateur de hors sens, faire vaciller les semblants tout en en restant dupe, ce qu’il faut. Mais, analyser l’École, qu’est ce que cela pourrait bien être. C’est la réveiller quand elle s’endort, quand elle endort, quand elle pulsionne de mort. C’est ce que fait JAM qui n’en finit pas de faire la passe, s’est il dit dans cette soirée. Et quand est ce que JAM interprète? Quand l’École devient une SAMCDA. C’est à dire par exemple quand elle renvoie quiconque se prend à vouloir parler du lieu de son style, soutenu par la solitude rencontrée face à la jouissance, quand elle le renvoie au silence, dans son trou, en lui refusant ce lieu d’adresse que doit être l’École. Seule l’École peut être le lieu d’adresse de ce genre de discours. C’est le lieu supposé pouvoir l’entendre, et désirer l’entendre. En ce sens, parler à l’École, membres, nouveaux venus, non membres, c’est toujours, ce devrait n’être toujours que parler de ce trou dans la parole, de cet absolu singulier de cette place. C’est donc faire la passe, à chaque fois, à chaque fois qu’on parle à l’École. On n’enseigne à ses risques, que si on ne parle que du lieu de la passe; Simon, c’est routine, jeu de miroir imaginaire, hainamoration. A chacun d’avoir cette éthique; JAM ne cesse pas de faire la passe, sans le dispositif de la passe n’est-ce pas. Faisons de même, au un par un. Pour cela, le dispositif minimal est une école qui reste ouverte à l’entrée de cette énonciation, d’où qu’elle vienne. |
| London Society: "Where Do We Stand?" 10 Jan 2010 |
| Posteado por A.A.delaR. a jueves, diciembre 10, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
Free Entrance A one-day workshop organised by the London Society of the New Lacanian School with the participation of Pierre-Gilles Guéguen, President of the New Lacanian School. Véronique Voruz
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| [Grama ediciones] Nuevo libro de Jorge Alemán y Sergio Larriera en Italia |
| Posteado por A.A.delaR. a jueves, diciembre 10, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
Nuevo libro de Jorge Alemán y Sergio Larriera en Italia
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| [ecf-messager] Journal des Journées N°69 |
| Posteado por Blog amp a jueves, diciembre 10, 2009 0 comentario(s) | Deje su comentario aquí |
JOURNAL DES JOURNÉES le mercredi 9 décembre 2009, édition de 23h 59 N° 69
MESSAGE par Silvia Salman
Cher Jacques-Alain, je vous écris ces lignes alors que j’ai appris il y a quelques heures la nouvelle de ma nomination comme AE. Si je suis passée par le dispositif de la passe, c’est que ce trajet avait été à l’horizon de mon expérience d’analysante, j’en suis convaincue. Dès mon entrée à l’École, mon désir, l’intérêt que je prenais à la psychanalyse, allaient dans ce sens. Les temps changent, les Écoles de l’AMP, le Champ freudien aussi. Ces changements, l’ouverture du prochain Congrès les accompagne. L’avenir de la psychanalyse dépend de ces changements, et de l’usage que, nous psychanalystes, sauront en faire. Tout change, mais quelque chose demeure : quelqu’un qui est passé par une analyse, qui a consenti à sa relation avec l’inconscient, qui a eu le désir de pousser l’expérience jusqu’à son terme, ne peut pas ne pas ressentir l’exigence de transmettre. Voilà dans quelles dispositions je suis au moment où je viens d’être nommée AE. J’ai le désir de transmettre à la communauté analytique, et au-delà, ce que l’expérience d’une analyse a pu transformer en moi. Le Congrès de Paris sera pour moi l’occasion de faire passer à l’acte ce travail. Traduit de l’espagnol par JA Miller
VARIA SUR LA PASSE (3) Yasmine Grasser, Le disparate et la passe |































Por Diego Rojas
